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Pavement intérieur du Duomo de Sienne

ensemble de marqueteries de marbre De Wikipédia, l'encyclopédie libre

Pavement intérieur du Duomo de Sienne
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Le pavement du Duomo de Sienne est un des exemples les plus étendus et les plus appréciés d'un ensemble de marqueteries de marbre (opus sectile), un projet décoratif qui s'est étalé sur six siècles, du XIVe au XIXe siècle. Comme la construction de la cathédrale, l'histoire du pavement se mêle étroitement à celle de la cité et de l'école artistique siennoise. Les Siennois n'ont d'ailleurs jamais lésiné, au cours des siècles, quant aux moyens mis en œuvre, d'abord pour sa création, puis pour sa préservation. Composé de plus de soixante scènes, il est généralement recouvert, dans les zones les plus fréquentées, par des feuilles de masonite[1], sauf une fois par an, pendant un mois environ, entre septembre et octobre[2].

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Giovanni Paciarelli, schéma du pavement du Duomo de Sienne, 1884
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Histoire

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Quand bien même il n'en existe aucune preuve documentaire, la tradition veut que la création de la décoration marmoréenne[3] soit due au chef de file de la peinture siennoise Duccio di Buoninsegna (vers 1255-1260 - vers 1318-1319). Les témoignages les plus anciens situent les premiers travaux de pavement à une période plus tardive, vers 1369 : les premiers paiements sont alors effectués à des artisans quasiment inconnus (Antonio di Brunaccio, Sano di Marco, Francesco di ser Antonio), pour la réalisation des premiers épisodes figurés sur le revêtement. Les premières représentations semblent être les panneaux de la nef tels que La Roue de la fortune et la Louve siennoise entourée des symboles des villes alliées (de 1373), totalement refaites dans les siècles suivants[4].

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Alessandro Franchi, Achab blessé à mort (1878), une des dernières histoires à avoir été terminées.

Il faut attendre le pour trouver une information attestée concernant un des panneaux encore identifiables aujourd'hui : c'est la date d'un paiement à un certain Marchese di Adamo, de Côme, accompagné de ses assistants, en règlement de la réalisation d'une « roue » devant la porte de la sacristie, c'est-à-dire le cercle représentant La Force qui sera refait intégralement en 1839. Dès cette époque, des artistes renommés fournissent des cartons aux maîtres spécialisés qui réalisent alors la marqueterie, parmi lesquels : Domenico dei Cori, sculpteur et capomastro (contremaître) du Duomo, le Sassetta ou Domenico di Bartolo.

Suivent, au cours du XVe siècle, Pietro del Minella, lui aussi capomastro de la cathédrale, Antonio Federighi, Urbano da Cortona (it), Francesco di Giorgio Martini, Neroccio di Landi, Matteo di Giovanni, Giovanni di Stefano (fils de Sassetta), Benvenuto di Giovanni et, enfin, Luca Signorelli.

Au XVe siècle, on trouve des contributions de Guidoccio Cozzarelli, Pinturicchio et, surtout, Domenico Beccafumi. Ce dernier travailla aux cartons utilisés pour les marqueteries du chœur, entre septembre 1521 et février 1547, en y introduisant des techniques expressives très innovantes et obtenant ainsi des résultats très proches des grands cycles picturaux de l'époque[4].

Vers le milieu du XVIe siècle, le chantier du pavement est achevé, clôturant la phase dite « classique ». Par la suite, un travail permanent de restauration se poursuit incluant des ajouts mineurs et, surtout, la substitution des panneaux usés par des reproductions.

En 1780, la zone située devant la chapelle del Voto (du Vœu), œuvre du Bernin, est décorée par les allégories de La Religion et des Vertus théologales dessinées par Carlo Amidei et exécutées par Matteo Pini. Ces œuvres furent refaites quelque quatre-vingt-dix années plus tard par Alessandro Franchi[4].

Le XIXe siècle est une période de restaurations massives et d'ajouts. En 1859, Leopoldo Maccari refait en partie la Storia della Fortuna du Pinturicchio et le panneau de Federighi représentant les Sept âges de l'homme, sous la direction de Luigi Mussini, principal représentant, en Italie, du courant puriste.

En 1878, Franchi, assisté à nouveau par Mussini, dessine les cartons pour quelques épisodes à ajouter sous l'hexagone de la coupole, remplaçant les Trois paraboles et l'Histoire d'Élie, alors presque totalement effacées. Ces ajouts bénéficient généralement d'un bon jugement critique, en raison de leur « pure beauté » selon Enzo Carli, efficaces quant au dessin et à leur puissance dramatique contenue[4].

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Thèmes généraux

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Beccafumi, Moïse fait jaillir l'eau du rocher de Horeb (1524-1525), détail

C'est à l'Allemand Friedrich Ohly (1977, traduit en italien en 1979) que revient l'idée de considérer le pavement comme un ensemble et d'y rechercher une thématique commune liant les différents épisodes, émettant l'hypothèse d'un programme figuratif conduit à travers les siècles par les différents artistes qui se sont succédé au chevet du projet décoratif.

Ohly arrive à la conclusion que chaque scène fait partie d'une présentation du Salut dans un de ses aspects, à commencer par les représentations présentes à l'extérieur sur le parvis, symbolisant les Hébreux et les païens, exclus du Salut et condamnés à rester à l'extérieur de l'édifice sacré, et en poursuivant par les trois degrés du chœur qui introduisent le fidèle, moyennant sa participation, à la révélation divine[5].

À l'intérieur, devant le portail central, Hermès Trismégiste symbolise les débuts de la connaissance terrestre, celle du monde antique, avec un livre qui symbolise l'Orient et l'Occident, en reprenant les mots de Genèse. Suit un rappel de l'histoire et du lieu, avec des scènes qui symbolisent Sienne et ses entreprises, ainsi que ses alliés et une allégorie de la Fortune qui régit le destin des hommes (Allégorie de la Sagesse et Roue de la Fortune). Dans les travées latérales, les Sibylles préfigurent la venue du Christ et rappellent les différentes parties du monde connu[5].

Une nouvelle phase de l'histoire du monde est représentée dans le transept, avec les épisodes de la Bible qui sont déjà situés dans l'époque de la révélation. L'hexagone central montre des scènes de sacrifice, en lien étroit avec le mystère de l'eucharistie célébré sur l'autel. Sur les côtés, au contraire, les aventures militaires des Hébreux auxquelles est intégré le Massacre des Innocents, par analogie avec ces épisodes sanglants [5].

Ohry a également signalé plusieurs références numérologiques (sept, cinq), qui pourraient faire l'objet d'interprétations théologiques. Suivent ensuite l'histoire d'Élie, le prophète, et de Moïse, le législateur, avec le peuple hébreu en chemin symbolisant le pèlerinage qu'effectue le visiteur de la cathédrale. L'Histoire de David conclut la série biblique et annonce symboliquement Jésus, le pacificateur[5].

Les Vertus du transept droit n'entrent pas dans ce schéma général. Il s'agit d'une œuvre plus tardive du XVIIIe siècle, conçue alors que la signification générale du programme décoratif s'était déjà plus ou moins perdue[5].

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Description

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La Sibylle d'Érythrée

Parvis

Sur la place de la cathédrale, la plate-forme qui s'étend au sommet des marches et devant les portails, se trouvent les premières marqueteries de marbre, avec la représentation du Pharisien et du Publicain, symbolisant les Hébreux et les païens, c'est-à-dire les non-chrétiens qui ne peuvent accéder au sanctuaire pour assurer leur Salut. Devant le portail se trouvent ensuite les Cérémonies de l'initiation de Nastagio di Gaspare (v. 1450 aujourd'hui une reproduction), avec un diacre, un prêtre et un évêque, dépositaires de l'ordination, qui introduisent au caractère sacré du lieu[6].

Les sibylles

Dans l'antiquité classique, la Sibylle était une vierge douée de vertus prophétique inspirées d'une divinité (généralement Apollon). Les Sibylles sont représentées le long des travées latérales, pour symboliser la préparation de l'humanité antique à la révélation du Christ. Elles sont originaires des différents parties du monde connu et elles sont divisées en trois groupes (ioniennes, italiques et orientales), marquant ainsi l'universalité du message christique[7].

La commande pour ces représentations remonte à 1482-1483, à l'initiative du recteur Alberto Alberighi. Plusieurs artistes sont intervenus en se pliant au respect d'un style commun, avec des personnages travaillés en marbre blanc sur un fond noir, encadrés d'un motif à damiers. Elles reposent sur un fond de couleur brique et sont accompagnées de légendes qui facilitent leur identification. Des symboles illustrent leurs révélations concernant le Christ et sa vie. Ces prophéties sont souvent tirées du Divinae institutiones (en) de Lactance[7], une œuvre apologétique remontant aux premiers siècles du christianisme.

Du point de vue du style, les Sibylles constituent un ensemble homogène et renvoient aux statues d'inspiration classique qui entourent les allégories plus complexes de la nef centrale. Seules certaines d'entre elles ont été restaurées au cours des siècles [7].

sibylles de la nef droite

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Les sibylles de la nef gauche

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Au centre la « Louve siennoise ».

Vaisseau central

L'espace situé sous les arcades du centre de la nef a sans doute été le premier à être décoré, peut-être d'abord en mosaïque puis par une marqueterie de marbre (opus sectile) qui s'étendit ensuite à tout le pavement de la cathédrale[9]. Une fois posés les motifs composés de marbres de couleurs différentes, le contour des personnages était incisé, puis rempli de poix, afin de faire ressortir les détails[9].

Aucune des décorations aujourd'hui présentes n'est originale en raison de l'usure due au passage intensif dans la nef centrale. Cependant, les restaurations intervenues au cours des siècles ont été assez respectueuses, puisque la technique originale a été préservée dans le panneau retenu comme le plus ancien, la Louve siennoise entourée des symboles des cités alliées[9].

En dehors du personnage d'Hermès Trismégiste, apparenté à la série des sibylles, cet espace est occupé par des figures allégoriques, plutôt que par des représentations historiques ou narratives, soulignant l'importance du message véhiculé par cette partie centrale de l'édifice[9].


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Détail du Massacre des Innocents

Transept gauche

Dans la section transversale, l'inspiration n'est plus l'Antiquité ou le répertoire allégorique, mais des thèmes tirés de l'histoire des Hébreux, et donc de la période ayant suivi la révélation divine. Il s'agit de grandes scènes, tant par leurs dimensions que par leur richesse narrative et remplies, voire débordantes, de personnages[12].

Le traitement des épisodes bibliques renvoie à des particularités locales, un thème particulièrement cher au cœur des Siennois, et depuis toujours, comme le démontrent les fresques à sujets historiques du Palazzo Pubblico ou, par exemple, l'invocation à Marie sis causa Senis requiei (« garantit la paix à Sienne ») sur la Maestà de Duccio di Buoninsegna, autrefois sur le maître-autel de la cathédrale (it)[12].

Sur une œuvre aussi importante que le pavement du Duomo, les références ne manquent donc pas aux rêves de grandeur et de puissance de Sienne, à l'époque l'État le plus puissant de Toscane, évoquant et magnifiant, à travers les batailles menées par les Hébreux, ses propres combats[12].

Le thème du Massacre des Innocents a probablement été choisi en raison de sa compatibilité avec les autres scènes, mais certains auteurs[Lesquels ?] ont noté qu'il illustrait aussi la fin glorieuse, mais traumatique, de l'indépendance de Sienne[12].

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Transept droit

Dans le transept droit, le décor n'est pas lié majoritairement à l'histoire de l'Ancien Testament et présente des styles et des techniques variés. À côté de l'Histoire d'Absalon et de l'Histoire de Jephté, on y trouve, par exemple, une représentation originale de l'empereur Sigismond. La zone située devant à la chapelle du Vœu (Cappella del Voto, ou Cappella Chigi) montre des représentations allégoriques remontant à 1780 (et refaites quatre-vingt-dix ans plus tard). Cet espace, comme la partie gauche du transept, est divisé en trois bandes : la bande supérieure (divisée elle-même en deux), abrite Sigismond et la Mort d'Absalon ; la bande centrale correspond au Sacrifice de Jepthé, scène très complexe et foisonnante de personnages ; la bande inférieure est occupée par de petites allégories situées en face de la chapelle du Vœu, un lieu de prière très important pour les Siennois, ce qui peut expliquer que les dessins soient orienté vers cette chapelle, et non vers la nef, comme c'est le cas de tous les autres panneaux. À la hauteur de cette dernière bande, face à l'hexagone central, se trouve un motif triangulaire décoré de figures géométriques[13].

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Hexagone central

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L'hexagone central

Le grand espace hexagonal situé sous la coupole, est occupé par six hexagones auquel vient s'ajouter un septième, au centre. Pour compléter le motif, il a été nécessaire d'ajouter, dans les angles vacants, six losanges orientés de manière variable. Chaque panneau est encadré par une élégante frise en spirale avec des motifs végétaux, et d'une tresse conçue par Beccafumi. La lecture de cet élément ne suit pas un sens prédéterminé. Il est possible de commencer par le triomphe du prophète Élie sur les prêtres de Baal, protégés par le roi Achab (Rois, 1-40). Dans ce cas, la lecture débute par le losange le plus à droite (Élie nourri par un corbeau au désert) et continue, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, avec les losanges inférieurs : Rencontre avec la veuve, Résurrection de son fils pour reprendre avec les losanges supérieurs (toujours dans le même sens) Élie envoie Obadia parler au roi Achab et Arrivée du messager chez Achab pour déboucher sur l'hexagone central Pacte entre Élie et Achab. On entre dans le vif du sujet avec le défi entre Élie et les prêtres de Baal, Élie oint Jéhu, roi d'Israël, Élie prédit la mort d'Achab, Achab blessé à mort au combat, Élie ravi par le char de feu[15].

L'histoire de ce décor est complexe : il se situe à l'emplacement de l'ancien autel principal de la cathédrale, déplacé au XIVe siècle puis refait par Baldassarre Peruzzi (1532). Le , cette zone du pavement devait déjà être occupée par une Parabole de la poutre, une Parabole des deux aveugles de Antonio Federighi (1459) et une Obole de la veuve de Domenico di Niccolò (it) (1433). L'usure de ces éléments conduisit à leur remplacement en 1878, date à laquelle fut prise la décision de compléter l'histoire d’Élie, initiée par Beccafumi dans d'autres parties de l'hexagone. Alessandro Franchi, fut chargé de ce travail et restaura également des éléments de l'histoire du prophète réalisés par un élève de Beccafumi, Giovan Battista Sozzi (1562)[15].

La première intervention de Beccafumi sur le pavement de la cathédrale remonte à 1519 avec l'histoire d’Élie. S'y retrouve l'influence de Raphaël, avec des compositions qui rappellent les tapisseries réalisés pour Léon X dans la chapelle Sixtine, et de Michel-Ange pour le mouvement des personnages qui paraissent inspirés de la voûte de la même chapelle. Elle seraient donc postérieure au second séjour de l'artiste à Rome[15].

Si le travail de Beccafumi a été unanimement, et de tout temps, encensé par la critique, celui d'Alessandro Franchi commence à recevoir l'attention qu'il mérite, pour la qualité de la composition et du dessin, et pour la capacité à s'insérer sans rupture dans un ensemble décoratif remontant à la Renaissance[15].

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Beccafumi, Moïse fait jaillir l'eau du rocher de Horeb, détail

Histoire de Moïse

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Moïse brisant les Tables de la Loi, détail

Le grand panneau situé au-dessus de l'hexagone central, placé entre la Fuite d'Hérode (à gauche) et L'Empereur Sigismond (à droite), représente l'Histoire de Moïse, œuvre de Domenico Beccafumi, qui y travailla de 1525 à 1547[16].

Sous le panneau principal, au sein duquel sont représentées plusieurs scènes sans solution de continuité, se trouve une bande longue et étroite, où est représenté Moïse faisant jaillir l'eau du rocher de Horeb. L'œuvre de Beccafumi, correspondant à sa période de pleine maturité, n'est qu'un des projets que l'artiste développait en ville à la même époque, comme, par exemple et pour rester sur le plan de l'art religieux, les fresques de l'abside de la cathédrale, datant de 1798 et qui ont été depuis repeintes ou remplacées[16].

Cette œuvre de Beccafumi ainsi que celles qui entourent le maître-autel, se distingue de celles qu'il a réalisées ailleurs, comme celles de l'hexagone central, par le choix de ne plus traiter les ombres par des hachures, mais par l'insertion de marbres de tonalités différentes pour obtenir un effet très expressif et très plastique, augmentant les possibilités d'obtenir des effets de lumière, d'ombres et, finalement, de volume[16].

Ces scènes ont suscité les éloges dithyrambiques des auteurs et des critiques du XVIIe, XVIIIe et des débuts du XIXe siècle. La frise qui les entoure est également du même artiste[16].

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Les cartons originaux de ce cycle ont été conservés et ils sont exposés à la Pinacothèque nationale de Sienne (legs Spannocchi).

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David psalmiste.

Première rangée du chœur

Face au maître-autel, à la hauteur des chapelles de Sant'Ansano et du Très Saint Sacrement, se trouve une rangée surélevée par une marche. On y découvre trois compositions principales, séparées par quatre personnages de prophètes. Il s'agit de scènes tirées de l'Ancien Testament, difficiles à déchiffrer, en raison de l'état d'usure des marbres, situés dans une zone vouée à un usage intense durant les célébrations liturgiques [17].

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Chœur

Les Vertus cardinales

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Première frise de l'autel

Les côtés de l'autel à droite, à gauche et celui tourné vers la nef, sont décorés d'une double bande de marqueterie de marbre qui, dans la partie frontale, englobe également la grande scène du Sacrifice d'Isaac. Elles ont toutes été dessinées par Domenico Beccafumi et elles lui furent payées le . La double frise est composée d'une bande interne décorée de scènes bibliques, souvent réduite à la représentation de personnages. Les représentations sont suggestives, mais leur interprétation est difficile en raison de la pauvreté de références iconographiques[16]. En regardant la scène d'en haut, et en allant alors de haut en bas, et de gauche à droite dans le sens des aiguilles d'une montre, on découvre :

  1. Le vieux Tobie et son fils, accompagnés de leur chien, et l'archange Raphaël
  2. Une femme qui représente la Charité ou bien une sibylle
  3. Adam agenouillé, dans un panneau un peu plus grand que les autres
  4. Un prophète vu de dos, qui scrute le ciel
  5. Une autre femme assise qui tient à la main un livre (peut-être une sibylle)
  6. Le sacrifice d'Abel (cette scène est citée dans les paiements de 1544)
  7. Une femme assise en compagnie d'un enfant
  8. Le sacrifice de Melchisedech, qui fait pendant à celui d'Abel
  9. Une femme avec un enfant (peut-être une sibylle étendue)
  10. Ève à genoux, faisant pendant à Adam. La critique la considère comme la plus réussie de l'ensemble, à tel point que certains l'attribuent au Sodoma, hypothèse difficilement démontrable
  11. Un prophète avec un livre ouvert devant lui
  12. Élisée qui ressuscite le fils de la Sunamite

Marche du peuple hébreu vers la Terre Promise

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Beccafumi, Sacrifice d'Isaac (1547) et partie centrale de la Marche du peuple hébreu vers la Terre Promise (1544)

Autour de la frise composée de panneaux s'en déroule une autre, continue, divisée en trois parties (une pour chaque côté), qui décrit, avec des contrastes lumineux intenses, une procession mouvementée composée d'hommes et de femmes de tous âges, représentant vraisemblablement le peuple d'Israël à la recherche de la Terre Promise. Ils convergent vers un autel préparé pour le sacrifice, marquant la fin idéale de l'Histoire de Moïse[16].

Sacrifice d'Isaac

Le cycle décoratif se conclut avec le Sacrifice d'Isaac, payé à Beccafumi le . Dieu veut éprouver Abraham et lui ordonne de prendre son propre fils, Isaac, et de se rendre au mont Moria pour le sacrifier. Quand tout est prêt, l'ange du Seigneur intervient pour arrêter Abraham, qui découvre alors, à quelques pas de là, un bélier empêtré dans un buisson. L'animal sera sacrifié à la place du garçon. L'épisode se termine par la promesse renouvelée à Abraham de multiplier sa descendance « comme les étoiles du ciel et les grains de sable sur la plage ». La scène est composée sans mettre en avant les personnages et en donnant à leur environnement une place importante : aperçus de paysages visionnaires, dominés par des arbres tordus, presque en zigzag, notations véristes comme cet âne bâté sur la droite de la scène. Le panneau se lit en spirale, avec l'annonce de l'ange à Abraham en haut à gauche, l'indication du lieu du sacrifice à gauche, le sacrifice au centre[16].

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Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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