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Les bactériophages, ou phages (grec, phageton signifie nourriture/consommation), plus rarement virus bactériens, sont des virus n'infectant que des bactéries. Ils sont omniprésents dans l'ensemble de la biosphère. On les trouve partout, d'autant plus que le milieu est riche en bactéries, notamment en quantité importante dans les excréments, le sol et les eaux d'égout ; il y a dans un millilitre d'eau de mer près de 50 millions de bactériophages[2]. Le support de l'information génétique (génome) des bactériophages peut être un ADN ou un ARN[3]. Du fait de leurs capsides, les phages sont qualifiés de virus complexes.

Modèle structural du bactériophage T4 à résolution atomique[1]

La découverte de l'activité des bactériophages se fait en 1897 par le franco-canadien Félix d'Hérelle lorsqu'il remarque des trous dans ses cultures de bactéries pour lutter contre les essaims de sauterelles en Amérique centrale mais dont il ne comprend le sens qu'en 1917 lorsqu'il fait la même observation dans des selles de malades atteints de dysenterie bacillaire (maladie du côlon), isole les premiers phages, développe les premières applications phagothérapeutiques[2].

En 1915 Frederick W. TwortLondres) remarque aussi que des colonies de microcoques prennent parfois un aspect vitreux, dû à une destruction des cellules bactériennes, et que cette caractéristique est transmissible à des colonies normales par simple contact.

Les phages sont des outils fondamentaux de recherche et d'étude en génétique moléculaire[2]. Ils servent entre autres de vecteurs de clonage et de transfert de gènes (on parle aussi de transduction). Dans les années 1940-1960, les travaux effectués sur les bactériophages ont permis de faire de nombreuses avancées dans le domaine de la biologie moléculaire (avancées portées par Max Delbrück, dans le cadre du « groupe phage ») et ont notamment permis de découvrir que les acides nucléiques constituaient le support de l'information génétique (expérience de Hershey-Chase en 1952[4],[2]).

Les bactériophages ont été utilisés en France à des fins thérapeutiques de 1920 à 1990 environ et le sont toujours dans l'ex-bloc de l'Est, où l'on peut acheter des bactériophagiques en pharmacie sans ordonnance[5]. En France, devant l'incapacité des autorités de santé à accélérer la réintroduction de la phagothérapie pour des raisons réglementaires et administratives, des associations et groupements de patients et de médecins font valoir les bénéfices importants qu'elle peut apporter aux patients infectés par des germes résistants en situation d'impasse thérapeutique ou d'infection chronique récidivante ainsi que l'absence de risque constatée durant les 70 ans d'utilisation en France au XXe siècle[6],[7],[8],[9].

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