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Basson

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Anches doubles du basson.
Anches doubles du basson.

Le basson est un instrument de musique à vent de la famille des bois, qui apparaît à la fin du XVIe siècle en Italie sous le nom de fagotto.

D'une hauteur d'environ 1,30 m, il est formé d'un long tuyau de perce conique de près de 2,50 m de longueur en bois précieux (principalement l'érable ou le palissandre), replié sur lui-même, que l'instrumentiste, appelé bassoniste, tient sur son côté droit. Le bonnet (6) est orienté vers le haut, la grande branche (5) et la petite branche (3) sont reliées entre elles par la culasse (4) en forme de U très serré. L'anche double (1) est fixée au bout d'un tube métallique de 30cm, également conique et en forme de point d'interrogation, appelée bocal (2).

Son étendue est de trois octaves et une quinte, du si bémol -1 au fa 4, (de trois octaves et une tierce, du si bémol -1 au ré 4 pour les modèles d'étude). Cette étendue importante, comme pour le violoncelle, le place à la fois dans les registres de basse et de ténor d'où son utilisation fréquente par deux, le premier jouant dans le médium/aigu, le deuxième jouant dans le grave. Sa musique est écrite en clé de fa 4, d’ut 4 ou, plus rarement, de sol.

Le basson n'est pas un instrument transpositeur, mais à l'instar de la flûte à bec alto et du registre chalumeau de la clarinette, ce sont les doigtés qui sont "transposés" d'une quinte vers le bas (par exemple, le doigté du do sur ces instruments, consistant des trois doigts de la main gauche, correspond au doigté d'un sol sur un hautbois).

Histoire du basson

Douçaines et cervelas au XVIe siècle.
Douçaines et cervelas au XVIe siècle.

Les instruments à anche double ont surtout été utilisés dans la civilisation égyptienne, au Moyen-Orient ainsi qu’en Asie. Mais il faut attendre le Moyen Âge pour retrouver des traces des ancêtres du basson comme la douçaine ou le cervelas.

Le basson de 1550 à 1700

Jusqu'en 1650, un grand nombre d'instruments différents cohabitent, sans pour autant posséder de noms précis ni appartenir à des catégories bien définies. Cependant, la première référence au basson remonte en 1602, en Italie, où on l'appelle alors fagotto.

Le mot « fagot » provient probablement du fait que les « deux morceaux de bois sont liés et fagottés ensemble » (P. Marin Mersenne). Quant au mot « basson », il viendrait de « basse ». L’encyclopédie de Diderot mentionne le terme « basson de hautbois ».

À cette époque, il existe plusieurs tailles d’instrument. Les instruments les plus graves peuvent atteindre plus de trois mètres de long. Ils sont difficiles à manipuler et à jouer. Les facteurs d'instruments de l'époque ont alors l'idée de relier deux branches accolées en parallèle à l’aide d’un tuyau afin de diminuer la longueur de l’instrument.

Les perces sont très rudimentaires et les emplacements des trous sont définis sans calculs précis. Le système de clétage n’existe pas encore : les trous sont fortement écartés et ne tombent pas sous les doigts. Les différentes transformations du basson vont s'effectuer en plusieurs étapes.

Le basson de 1700 à 1785

C’est au cours du XVIIIe siècle que le rôle de soliste du basson est important. De nombreuses sonates et concertos sont écrits à cette époque. Antonio Vivaldi par exemple, lui consacre trente-sept concertos de la plus riche inventivité (plus deux qui restent incomplets). Durant cette période, le basson évolue peu. Le clétage n’est pas encore inventé mais on commence à réfléchir à son évolution et à imposer la main droite en bas et la main gauche en haut, laissé jusqu'ici au choix du musicien.

À la fin du XVIIIe siècle Thieriot Prudent est célèbre en France dans la facture des bassons. Il réalise de nombreuses recherches afin d'améliorer l'instrument pour lui donner plus de puissance et corriger ses défauts. Prudent se situe à l'époque charnière entre baroque et classique et les premières grandes modifications de l'instrument.

Le basson au XIXe siècle (à partir de 1785)

Edgar Degas, L'Orchestre de l'Opéra (Musée d'Orsay, 1868). Au premier plan, Désiré Dihau, bassoniste à l'Opéra de Paris de 1862 à 1889.
Edgar Degas, L'Orchestre de l'Opéra (Musée d'Orsay, 1868). Au premier plan, Désiré Dihau, bassoniste à l'Opéra de Paris de 1862 à 1889.

Le XIXe siècle est assurément la grande époque de la facture des instruments, pendant laquelle le basson s'est le plus développé.

De très nombreux facteurs procèdent à des modifications de l'instrument et vont presque réinventer l'instrument. Cependant, l'évolution du basson est freinée par les musiciens eux-mêmes. En effet, il existe une certaine pesanteur naturelle qui s'oppose aux changements jugés trop radicaux. Les musiciens savent combien de temps et de travail nécessite un changement de doigtés.

La différenciation entre les deux systèmes se développe à partir des années 1820. Le basson, à ce moment un instrument en constante évolution, se transforme de manière presque définitive. Les deux systèmes modernes émergent au milieu du XIXe siècle, le basson français, en France, et le basson allemand (Heckel, Fagott), en Allemagne.

En France, divers facteurs améliorent l'instrument qui ne cesse d'évoluer. C'est Buffet Crampon qui, en s'inspirant de Savary et de Triébert, crée ce qui s'appellera le basson français. Au même moment, un certain facteur allemand, Heckel, perfectionne le basson. Ce sont les premiers bassons allemands que produit Heckel, à l'époque, le système révolutionnera le monde de la musique et s'imposera comme une référence.

Les deux systèmes loin d'être définitifs, à l'époque, évoluent encore aujourd'hui.

Le basson aujourd'hui

Basson allemand moderne
Basson allemand moderne
Un tableau de toutes les clefs d'un basson allemand moderne
Un tableau de toutes les clefs d'un basson allemand moderne

Aujourd'hui, il existe deux systèmes modernes de basson : le système français et le système allemand (dit Heckel, aussi appelé Fagott).

Principales différences entre les deux instruments [réf. nécessaire] :

  • le bois utilisé : le basson français est en palissandre de Rio, le basson allemand (système Heckel) en érable verni ;
  • la perce est un peu plus large et plus régulière chez le basson allemand ;
  • le clétage et les trous ne sont pas conçus de la même façon, beaucoup de doigtés diffèrent ;
  • l'anche est gougée, taillée et effilée différemment ;
  • le haut du bonnet d'un basson allemand est en général cerclé d'un anneau blanc mais ce n'est pas systématique.

Deux marques coexistent pour le basson français : Buffet-Crampon et les Ateliers Ducasse.

Son homologue allemand a une gamme de modèles et de constructeurs plus riche. Les principaux sont Heckel, Püchner, Moosmann, Schreiber, Adler, Mönnig, Sonora, Hüller, Amati, Fox et Yamaha

Progressivement et particulièrement ces dernières années, le système allemand s’est installé dans le monde entier, même en France et dans certains pays de langue romane, où le basson français était fortement implanté.[réf. nécessaire]

Le basson allemand semble alors plus fiable et plus adapté à jouer dans le grave.[réf. nécessaire] De plus, avec l'internationalisation du monde de la musique et donc la recherche d'un son orchestral uniforme, certains chefs d'orchestres préfèrent le basson allemand, car le timbre de ce dernier est plus rond et se fond donc mieux à la masse orchestrale. Aujourd’hui, le conflit entre les deux systèmes semble s’être calmé, et les deux instruments cohabitent, lorsque le basson allemand n’est pas en position de monopole. La France est l'un des rares pays à proposer la spécialisation sur l'un des deux instruments.

Le basson français a eu un illustre représentant en la personne de Maurice Allard. Il faut préciser que si le basson français est très apprécié pour les concertos, le basson allemand système Heckel est préféré pour sa qualité d'émission et sa justesse, et qu'il est plus adapté pour jouer nuancé ainsi que pour en maîtriser la matière sonore[réf. nécessaire].

À propos de la pratique actuelle du basson, il faut parler d'un retour au basson baroque qui est encore très enseigné et mis en avant.

Le facteur français Yannick Ducasse a créé en 2008 un instrument destiné aux jeunes enfants (cinq ans et plus).

Le répertoire du basson

Si dans le répertoire symphonique au XVIIIe et XIXe siècle le basson est la plupart du temps fixé à la fonction musicale de doubler la contrebasse ou le violoncelle, au XXe siècle il s'émancipe et acquiert un statut d'instrument soliste au sein de l'orchestre comme la partie du « grand-père » dans Pierre et le Loup de Prokofiev, le Dans l'antre du roi de la montagne de Peer Gynt de Grieg, L'Apprenti sorcier (Dukas) de Paul Dukas et dans le début du Sacre du printemps de Stravinsky, dans lequel l'instrument expose un thème populaire lituanien en introduction.

Concertos

  • Antonio Vivaldi, 37 concertos pour basson (plus deux qui restent incomplets)
  • Johann Christian Bach
    • Concerto pour basson, 2 hautbois et cordes en si bémol majeur, T288/1
    • Concerto en mi bémol majeur pour basson et orchestre, T288/4
  • Johann Nepomuk Hummel, Concerto en fa majeur, W75
  • Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto en si bémol majeur, K. 191 (Mozart aurait écrit quatre concertos pour basson. Les trois autres n'ayant pas été retrouvés, le K. 230 est probablement apocryphe.)[1]
  • Karl Stamitz, trois concertos pour basson
  • Rolla, Alessandro Concerto pour basson en fa majeur, BI 527 -Concertino en mi bémol majeur pour alto, violoncelle et basson BI 388
  • Johann Baptist Vanhal, Concerto en ut majeur
  • Carl Maria von Weber
    • Andante e rondo ungarese en ut mineur, op. 35
    • Concerto en fa majeur, op. 75
  • Sir Edward Elgar, Romance pour basson et orchestre, op. 62 (1910)
  • Ermanno Wolf-Ferrari, Suite-concertino en fa majeur, op. 16 pour basson, 2 cors et cordes (1933)
  • Heitor Villa-Lobos, Ciranda das sete notas pour basson et orchestre à cordes (1933)
  • Charles Koechlin, Silhouettes de comédie, op. 193 (12 pièces, 1942-43)
  • Gordon Jacob, Concerto pour basson, percussions et cordes (1947)
  • Richard Strauss, Duett-Concertino pour clarinette, basson et orchestre à cordes avec harpe (1947)
  • Marcel Bitsch, Concertino pour basson et orchestre (1948)
  • Paul Hindemith, Concerto pour trompette, basson et orchestre à cordes (1949/1952)
  • Otmar Nussio, Variations sur un air de Pergolese pour basson et orchestre à cordes (1953)
  • André Jolivet, Concerto pour basson, harpe, piano et cordes (1954)
  • Henri Tomasi, Concerto pour basson et orchestre de chambre (1961)
  • Sofia Goubaïdoulina, Concerto pour basson et cordes graves (1975)
  • Nino Rota, Concerto pour basson et orchestre (1977)
  • Arthur Butterworth, Summer Music Op.77 (1985)
  • John Williams, Concerto pour basson et orchestre intitulé The Five Sacred Trees (1995)
  • Alain Bernaud, Fagkonzert pour basson et orchestre à cordes (2013)

Œuvres pour basson et piano

Compositeurs du XXe siècle

Quelques compositeurs ayant écrit plusieurs œuvres pour basson :

Notes et références

  1. Notice de l'enregistrement du concerto K. 191 par George Zukerman sous la direction de Jörg Faerber

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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