Commission de classification des œuvres cinématographiques - Wikiwand
For faster navigation, this Iframe is preloading the Wikiwand page for Commission de classification des œuvres cinématographiques.

Commission de classification des œuvres cinématographiques

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La Commission de classification des œuvres cinématographiques est une commission française visant à classifier les films et leurs bandes-annonces selon l'âge du public autorisé pour l'exploitation en salles. Elle est issue de la Commission de contrôle du Centre national du cinéma et de l'image animée, instituée le 3 juillet 1945.

Elle peut en outre recommander l'interdiction totale du film ou préconiser des avertissements sur le contenu ou la particularité d'une œuvre[1],[2].

De nature consultative, son avis est requis par le ministre de la Culture en préalable à l'octroi d'un visa d'exploitation[3].

Les différentes classifications

Au cinéma

  • Tous publics
  • Avertissement (peut être adjoint à n'importe quel classement)
  • Interdit aux moins de 12 ans
  • Interdit aux moins de 16 ans
  • Interdit aux moins de 18 ans non classé X (réintroduit en 2000)
  • Interdit aux moins de 18 ans classé X

En DVD et Blu-ray

  • Tous publics
  • Interdit aux moins de 12 ans
  • Interdit aux moins de 16 ans
  • Interdit aux moins de 18 ans
  • Accord parental

À la télévision

Les classifications à la télévision sont laissées à l'appréciation de la chaîne et décidées par le CSA, selon le montage qu'elle diffuse (sauf pour les œuvres cinématographiques déjà classées). Les pictogrammes "-10", "-12", '-16" et "-18" restent présents pendant toute la diffusion du film ou du programme par la chaîne, sauf s'il est classé "tous publics".

Signalétique jeunesse utilisée pour signifier la limite d'âge préconisé par le CSA.
Signalétique jeunesse utilisée pour signifier la limite d'âge préconisé par le CSA.

Il existe cinq catégories :

  • Tous publics : le film ou le programme ne comporte aucune scène pouvant nuire au jeune public, il peut donc être vu par tous les publics.
  • Déconseillé aux moins de 10 ans (anciennement « Accord parental souhaitable ») : le film ou le programme (série télévisée, clip vidéo, émission) est un reflet de la télévision, certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des moins de 10 ans.
  • Déconseillé/interdit aux moins de 12 ans (anciennement « Accord parental indispensable ») : le film ou le programme (série télévisée, clip vidéo, émission) comporte un scénario qui recourt aux scènes à caractère sexuel, à la sexualité et à la violence physique ou psychologique qui peut choquer et troubler les moins de 12 ans.
  • Déconseillé/interdit aux moins de 16 ans : programmes (clips vidéos, émissions, séries télévisées) ou films à caractère érotique ou de grande violence pouvant nuire aux moins de 16 ans.
  • Déconseillé/interdit aux moins de 18 ans : films interdits en salle aux moins de 18 ans et programmes (clips vidéos, émissions, séries) à caractère pornographique ou de violence extrême et réservés à un public adulte averti, pouvant nuire aux moins de 18 ans.

Fonctionnement de la commission

Composition

La commission de classification des films est composée d'un président et de vingt-sept membres. Le président, membre du Conseil d'État, est nommé par un décret du Premier ministre pour un mandat de trois ans, renouvelable deux fois. Chacun des vingt-sept membres a deux suppléants. Tous sont réunis en quatre collèges[4] :

  • les professionnels représentés par neuf membres ;
  • les administrations qui ont en charge la police du cinéma : les ministères de la justice, de l’intérieur, de la famille, etc. ;
  • des experts, médecins et psychiatres, car on considère que l’impact que peut avoir un film sur le jeune public nécessite une compétence en termes médical, médico-social… ;
  • des jeunes de 18 à 25 ans.

Ainsi que l'explique Yves Gounin, « la commission ne peut valablement délibérer que si la moitié de ses membres, soit quatorze, sont présents[4]. »

Étude des films

Tous les films qui sortent en salles doivent obtenir un visa ministériel, sans exception. Ils sont ainsi examinés par la commission, qui est décomposée en comités. Si ces comités estiment à l’unanimité ou à la quasi-unanimité que le film ne pose aucune difficulté et convient à tous les publics, alors le dossier est transmis, par l'intermédiaire du président, au ministre avec un avis de la commission pour un visa tous publics. C'est la grande majorité des films.

Dans le cas des films qui posent problème, qui entraînent une proposition d'interdiction par au moins deux membres, ils sont automatiquement inscrits à l’ordre du jour de la commission de classification des films qui se réunit deux fois par semaine. Les films sont visionnés dans leur intégralité. Yves Gounin explique que « la France a une approche de la classification que nous pourrions qualifier de holiste : nous ne sommes pas dans une approche quantitative du nombre de scènes litigieuses, de la nudité plus ou moins totale de tel ou tel corps… Nous considérons qu’un film doit s’apprécier dans son ensemble[4] ».

À l'issue du visionnage, un débat s'ouvre, qui aboutit à un consensus sans vote ou, dans le cas d'oppositions marquées, à un vote à majorité simple.

Présidents de la commission

Le président actuel de la commission de classification des films est Yves Gounin, nommé par décret du 2 février 2018[5].

Histoire

Décret du 8 février 2017 : fin du critère automatique de la scène de sexe non simulée

Le 8 février 2017, un décret réforme la classification des films, en retirant tout critère objectif et automatique pour laisser une plus grande liberté d'appréciation des œuvres : « Lorsque l'œuvre ou le document comporte des scènes de sexe ou de grande violence qui sont de nature, en particulier par leur accumulation, à troubler gravement la sensibilité des mineurs, à présenter la violence sous un jour favorable ou à la banaliser, le visa d'exploitation ne peut s'accompagner que de l'une des mesures prévues au 4° et au 5° du I[8]. »

Jean-François Mary, alors président de la commission, explique que cette modification juridique est provoquée par les nombreuses actions intentées par l'association Promouvoir, qui vise à durcir les interdictions de certains films. Jean-François Mary a ainsi introduit son rapport, non seulement par un rappel des polémiques récentes, mais encore par le travail réel de la commission qu'il préside : « Les controverses qu’ont suscités dans l’actualité récente les films dont la projection en salle a été interdite aux mineurs de seize ou à ceux de dix-huit ans ne doivent pas masquer la faible part qu’ils occupent dans l’ensemble des visas d’exploitation délivrés par le ministre chargé de la culture sur avis de la commission de classification. [...] Les recours devant le juge administratif n’ont concerné qu’un nombre de films n’atteignant pas la dizaine[9]. »

Dans son entretien avec Pierre Monastier, Yves Gounin explique ainsi la fin du critère selon lequel les films qui présentent des scènes de sexe non simulées doivent faire automatiquement l’objet d’une interdiction aux moins de 18 ans, et son remplacement par la notion d'accumulation : « Vous mettez le doigt sur un terme précis, celui de l’accumulation de scènes, mais il n’est pas dit qu’une scène passerait, tandis que deux entraîneraient de facto une interdiction. On pourrait tout à fait interdire à une classe d’âge un film qui ne comporterait qu’une seule scène de sexe particulièrement traumatisante ! Le en particulier, dans un texte de droit, constitue une incise pour éclairer le texte, sans le contraindre[4]. »

Notes et références

  1. Décret no 90-174 du 23 février 1990 pris pour l'application des articles 19 à 22 du code de l'industrie cinématographique et relatif à la classification des œuvres cinématographiques
  2. Décret no 2003-1163 du 4 décembre 2003 modifiant le décret no 90-174 du 23 février 1990 pris pour l'application des articles 19 à 22 du code de l'industrie cinématographique et relatif à la classification des œuvres cinématographiques
  3. Article 19 du Code de l'industrie cinématographique, abrogé, remplacé par l'article L211-1 du Code du cinéma et de l'image animée.
  4. a b c et d Pierre Monastier, « Commission de classification des films : interdiction citoyenne ou comité de censure ? », sur Profession Spectacle,
  5. « Nomination – Yves Gounin, nouveau président de la commission de classification des films », sur Profession Spectacle,
  6. « Sylvie Hubac nommée Présidente de la commission de classification des œuvres cinématographiques », sur Ministère de la culture, (consulté le 9 février 2019)
  7. Alexandre Arditti, « Interview Francis Delon », sur http://www.objectif-cinema.com, (consulté le 9 février 2019)
  8. « Décret n° 2017-150 du 8 février 2017 relatif au visa d'exploitation cinématographique », sur legifrance.gouv.fr, jorf n°0034 du 9 février 2017 (consulté le 9 février 2019)
  9. « Réforme de la classification des films de cinéma : moins de normes, plus de jugement », sur Profession Spectacle,

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

{{bottomLinkPreText}} {{bottomLinkText}}
Commission de classification des œuvres cinématographiques
Listen to this article