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Karel Čapek

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Karel Čapek
Karel Čapek.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
PragueVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Pseudonymes
K. Č.
B. Č.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Antonín Čapek (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Helena Čapková (d)
Josef ČapekVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Domaine
Littérature pour jeunes adultes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Brothers Čapek (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Genre artistique
Distinction
Grand-croix de l'ordre de Tomáš Garrigue Masaryk (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature

Karel Čapek (Prononciation), né le à Malé Svatoňovice dans la région de Hradec Králové en Bohême et mort le (à 48 ans) à Prague, est l'un des plus importants écrivains tchéques du XXe siècle. Le mot robot, qui apparaît pour la première fois dans sa pièce de théâtre de science-fiction R. U. R. en 1920, sous-titre en anglais du titre tchèque Rossumovi univerzální roboti, a été inventé par son frère Josef à partir du mot tchèque robota, qui signifie « travail » ou « servage ».

Dans une autre de ses œuvres, La Guerre des salamandres, Čapek peint avec un humour noir et joyeux la géopolitique de son temps et tourne notamment en dérision le national-socialisme.

Biographie

Monument de Karel Čapek, place de la paix (Náměstí míru) à Prague.
Monument de Karel Čapek, place de la paix (Náměstí míru) à Prague.

Karel Čapek naît en Bohême et fait ses études secondaires à Hradec Králové, qu'il doit quitter pour Brno à la suite de la découverte du cercle anti-autrichien dont il faisait partie. Il étudie à la faculté de philosophie de l'université Charles et à l'université Friedrich Wilhelm à Berlin puis à la faculté des lettres de l'université de Paris. Sa thèse, soutenue en 1915, porte sur Les méthodes esthétiques objectives en référence aux arts appliqués.

Il est réformé en raison de problèmes de dos (qu'il aura durant le reste de sa vie), et dispensé de participer aux combats lors de la Première Guerre mondiale qui néanmoins l'influencent et l'inspirent. En 1917, il est tuteur du fils du comte Lazansky puis journaliste pour les journaux Národní listy (19171921), Nebojsa (19181920), Lidové noviny (à partir de 1921).

Il publie en 1922 le roman Tovarna na Absolutno (La fabrique d'Absolu).

Dans ce roman entre science-fiction et fantaisie satirique dirigée contre l'intégrisme religieux, il imagine qu'en tentant de désintégrer les atomes pour réaliser des générateurs d'énergie — appelés carburateurs dans la traduction française —, l'homme sépare accidentellement l'Esprit de la Matière. Les « carburateurs », source d'énergie simple, bon marché et d'emploi universel, sont produits en très grande quantité, générant des profits colossaux. L'Absolu se répand alors comme un gaz toxique et contamine la population mondiale, en commençant par les classes intellectuelles et urbaines. Seuls les paysans tchèques, obstinément matérialistes et attachés à vendre à meilleur profit leurs pommes de terre, semblent échapper à la folie qui bientôt embrase le monde. Une véritable fièvre de la spiritualité religieuse, toutes religions confondues, s'empare de la planète, les sectes se développent, l'irrationnel prévaut et déclenche une série de guerres de religion sanglantes et de révoltes menées par des illuminés mystiques, avant que la destruction systématique des « carburateurs » atomiques ne ramène la paix dans un monde dévasté.

De 1925 à 1933 il est président du PEN club tchécoslovaque.

Le , il se marie avec son amie, l'actrice Olga Scheinpflugová, rencontrée pendant l'été 1920.

En 1936 il publie La Guerre des salamandres qui met en scène une guerre entre l'homme et l'animal ; c'est une satire du contexte politique de l'époque, le nazisme, l'antisémitisme, la croyance dans le progrès. L'œuvre anticipe également les problèmes écologiques.

En 1938, à la suite des accords de Munich, l'annexion des Sudètes par les troupes nazies touche profondément le démocrate nationaliste qu'il est.

« J’ai l’impression que je n’ai plus rien à faire ici. Je ne serais qu’un drôle de personnage. Mon monde est mort. J’ai cru, en effet, en quelques engagements, en soi-disant l’honneur d’un traité et des choses semblables. Je pense que je ne saurais pas me retrouver dans cette bousculade… »

— Karel Čapek

Après s’être remis du premier choc, il essaie d’excuser les actes du gouvernement et du président dans la situation, qui selon Čapek, n’offrait pas d’autres solutions excusables. Il considère comme déplacé, dans la situation de l’époque, de chercher les coupables. Il s’efforce, par ses activités, d’empêcher la division du peuple, et tâche de maintenir son union. Après l’abdication du président Beneš, il reste le seul symbole visible de la Première République et joue souvent le rôle de « bouc émissaire ». Il reçoit de nombreuses lettres et appels téléphoniques anonymes d’insultes. Les vitres de sa maison sont régulièrement cassées. Le il publie, à la suite des attaques contre sa personne, son essai Comment ça s’est passé dans Lidové noviny (Le Quotidien du peuple).

Il passe les trois dernières années de sa vie à Stará Huť u Dobříše, où l'on trouve aujourd’hui un monument à son nom. Il meurt d'un œdème pulmonaire quelques mois avant son arrestation planifiée par la Gestapo. Il est enterré au cimetière de Vyšehrad à Prague. Il était le troisième sur la liste de la Gestapo des personnes à arrêter et seule sa mort précoce le délivre du destin tragique qui l'attendait. Son frère Josef est arrêté pour activités anti-fascistes et envoyé en camp de concentration en 1939, peu après l'invasion de la Tchécoslovaquie qui fait suite aux accords de Munich. Josef meurt au camp de Bergen-Belsen en avril 1945.

Ses œuvres sont mises à l'index durant les années d'après-guerre par le régime communiste qui considère d'un mauvais œil cet auteur anti-totalitaire, qui avait publié un article, Pourquoi je ne suis pas communiste, en 1924.

Anecdotes

Olga Scheinpflugová photographiée par Karel Čapek
Olga Scheinpflugová photographiée par Karel Čapek

En 1995, il a reçu, in memoriam, l’Ordre de Tomáš Garrigue Masaryk.

Čapek était un très bon photographe amateur dont témoignent, mis à part de photos connues publiées dans Dášenka (recueil de proses sur la vie d’un chiot Dášenka), des photos de personnalités (du président Masaryk et d’autres pátečníci (Les hommes de vendredi, le cercle littéraire et politique qui se réunissait dans le jardin de maison de Karel Čapek tous les vendredis après-midi de 1921 jusqu’à sa mort). Karel, photographe amateur, fut l'auteur d’une des publications photographiques les plus vendues de l’époque de la Première République, Dášeňka čili Život štěněte, publiée en 1933.

Moins connue est sa passion pour la musique ethnique en lien avec son intérêt pour les cultures étrangères. C'était un collectionneur important ; toute sa collection fut offerte par ses héritiers en 1981 à Náprstkovo muzeum[1] (en tout, 462 vinyles 78 tours, et 115 catalogues de maison de disques mondiales). Après 1990, les enregistrements furent numérisés avec le soutien de l‘UNESCO et les meilleurs ont été édités sur cinq CD.

La paternité du mot « robot », terme qui s’est répandu dans le monde avec la pièce de théâtre R.U.R. appartient à son frère Josef[2]. Karel Čapek pensait plutôt au mot « laboř ». Le mot robot est d’origine slave et provient du verbe robotovat (travailler).

En 1988, un colloque lui est consacré à l'Université libre de Bruxelles, les 1er et 2 décembre, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort.[3]

En 1989, un film biographique sur Karel Čapek est sorti au cinéma, Člověk proti zkáze (L’Homme contre la destruction). Les réalisateurs étaient Štěpán Skalský et Jaromír Pleskot. Le héros principal était interprété par Josef Abrhám, son frère Josef par František Řehák, Olga Scheinpflugova interprétée par Hana Maciuchová et le personnage de T. G. Masaryk par Svatopluk Beneš.

Ce n'est qu'en 2009, donc 70 ans après la mort de Čapek, qu'a été éditée la riche correspondance entre l’auteur et l’avocat Jindřich Groag sur le thème du pacifisme et du refus du service militaire.

Karel Čapek fut proposé sept fois pour le prix Nobel de littérature, entre 1932 et 1938[réf. nécessaire].

Œuvres

Karel Čapek écrivit avec humour et intelligence sur une grande variété de sujets. Son œuvre n'est pas uniquement connue pour sa description exacte de la réalité mais pour ses études sur la langue tchèque, et deviendra immortelle pour avoir participé à la naissance de la science-fiction avant qu'elle ne devienne un genre littéraire à part entière.

Prose

  • Zářivé hlubiny a jiné prózy (Les profondeurs rayonnantes et autres proses - 1916 - recueil de nouvelles en collaboration avec son frère Josef)
  • Krakatit - 1922 - un film en est tiré en 1948
  • Továrna na absolutno - 1922 - La Fabrique d'Absolu, trad. Jirina et Jean Danès, Nagel, 1944; Ibolya Virág, 1999; Éditions La Baconnière, Collection dirigée par Ibolya Virág, (ISBN 978-2-940431-24-3), 2015, édition poche avec les dessins originaux de Josef Čapek
  • Anglické listy - 1924 - Lettres d'Angleterre, traduction de Gustave Aucouturier, Éditions La Baconnière, Collection dirigée par Ibolya Virág, 2016 (ISBN 978-2940431786), édition avec les dessins originaux de l'auteur.
  • Zahradníkův rok - 1929 - L'année du jardinier, illustré par son frère Josef Čapek, trad. Joseph Gagnaire, Éditions de l'Aube, (ISBN 2-87678-217-0), 1997; éditions 10/18 Domaine étranger, Havas Poche.
  • Apokryfy - 1932- Récits apocryphes - trad. Marlyse Poulette, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, 1969
  • Hordubal - 1933 - Hordubal - trad. Michel-Léon Hirch, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, 1978
  • Obyčejný život - 1934 - Une vie ordinaire - trad. Daniela Stasková-Pelliccioli, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, (ISBN 2-8251-1518-5), 2002
  • Povětroň - 1934 - Le Météore - trad. Alain van Crugten, L'Âge d'homme, 1975
  • Cesta na Sever - 1936 - Voyage vers le Nord - trad. Benoît Meunier, Les Éditions du Sonneur, mai 2010
  • Válka s Mloky - 1936 - La Guerre des salamandres, trad. Claudia Ancelot, Éditeurs français réunis (EFR), 1960 / Ibolya Virág, 1999 / Cambourakis, poche, 2012 / Éditions La Baconnière, Collection dirigée par Ibolya Virág, 2012 (ISBN 978-2-940431-08-3)
  • Život a dilo skladatele Foltýna - 1939 - La vie et l'œuvre du compositeur Foltyn (inachevé) - trad. François Kérel, Stock, Bibliothèque cosmopolite, (ISBN 2-234-02268-1), 1990
  • Nouvelles, traduction de Corinne Fournier-Kiss, L'Âge d'Homme, 2009 (ISBN 978-2-8251-3927-1)
  • Contes d'une poche et d'une autre poche - 2018 - Les Éditions du Sonneur - (ISBN 978-237385-080-2)

Théâtre, scénarios, livrets

  • Loupežník (Le Brigand - 1920)
  • R. U. R. 1920 - R.U.R., trad. Hanuš Jelínek, Éditions Jacques Hébertot, Cahiers dramatiques no 21, 1924 - R.U.R. in Quatre pas dans l'étrange, traduction Hanuš Jelínek, Librairie Hachette, Coll. Le Rayon fantastique, no 79, 1961 - R.U.R., trad. Jan Rubeš, Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, (ISBN 2-87678-374-6), 1997
  • Ze života hmyzu (De la vie des insectes - 1921 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Věc Makropulos (L'affaire Makropoulos - 1922) - livret mis en musique par Leoš Janáček - Le dossier Makropoulos, trad. Michel Chasteau, in R.U.R. Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, (ISBN 2-87678-374-6), 1997
  • Adam Stvořitel (Adam le Créateur - 1927 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Bílá nemoc (La Maladie blanche - 1937) - La maladie blanche, trad. Alain van Crugten, in R.U.R. Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, (ISBN 2-87678-374-6), 1997
  • Matka (la Mère, traduit en français sous le titre : L’Époque où nous vivons - 1938)

Littérature pour la jeunesse

  • Devatero pohádec, 1932 (illustrations de son frère Josef Čapek), d'où sont extraits et traduits en français par Jean-Charles Guillien : 7 contes pas comme les autres, coll. « mille épisodes », Éditions La Farandole, 1974, 147 p.

Recueil d'articles, interviews, divers

  • Biograf (Le Biographe), écrit avec son frère Josef en 1910 (repris in Le Cinéma : naissance d'un art. 1895-1920, D. Banda & J. Moure, éd., Paris, Flammarion, Champs, 2008)
  • Jak vzniká divadelní hra a průvodce po zákulisí (Comment une pièce de théâtre se met en scène ou le guide derrière les coulisses - 1925 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Hovory s T. G. Masarykem - 1928-1935 - 3 vol. - (Entretiens avec T. G. Masaryk ; trad. Madeleine David, Éditions de L'Aube, Coll. Regards croisés, (ISBN 2-87678-057-7), 1991)
  • Zahradníkův rok (L'année du jardinier - 1929. Publié en français aux éd. 10/18, 1999)
  • Marsyas čili na okraji literatury (Marsyas ou aux bords du monde de la littérature - 1931)
  • O věcech obecných aneb Zóon politikon ("Des choses politiques ou Zoon Politikon" - 1932)
  • La civilisation en marche (Histoire des salamandres) extrait de La Guerre des Salamandres, trad. Claudia Ancelot, paru dans Fiction no 89, Éds. Opta, avril 1961
  • La Guerre des Salamandres de Karel Čapek: Livre Audio, 1 CD mp3, Durée: 9 heures 5 minutes. Texte Intégral par les Éditions Sonobook. Interprété par Pierre Moquet. Octobre 2014[4]

Traductions de Karel Čapek

Comme toute l'intelligentsia tchécoslovaque de son temps, Čapek est francophile et participe à la diffusion de la culture française dans son pays.

  • Apollinaire : Pásmo (Zone)
  • Molière : Sganarelle (ibid.)
  • Francouzská poezie nové doby (Poésie française contemporaine - 1920)

Notes et références

  1. Náprstkovo muzeum asijských, afrických a amerických kultur (cs)
  2. (en) Ivan Margolius, « The Robot of Prague », Newsletter, The Friends of Czech Heritage, no 17,‎ , p. 3 - 6 (lire en ligne)
  3. « En bref - Colloque consacré à Karel Capek », Le Monde,‎ , p. 14
  4. [www.sonobook.fr Site des Éditions Sonobook]

Annexes

Bibliographie

  • Karel Čapek par Václav Černy (1936)
  • Karel Čapek par W. E. Harkins (1962)
  • Karel Čapek par Ivan Klíma (1962)
  • První rada v díle Karla Čapka par Oldrich Králik (1972)
  • Karel Čapek : In Pursuit of Truth, Tolerance and Trust par Bohuslava R. Bradbrook (1997)
  • Karel Čapek : Life and Work par Ivan Klíma (2002)
  • La Guerre de Salamandres de Karel Čapek: Livre Audio, 1 CD mp3, Durée: 9 heures 5 minutes. Texte intégral par les Éditions Sonobook. Parution octobre 2014. www.sonobook.fr

Article connexe

Liens externes

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