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Konrad Bercovici

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Konrad Bercovici
Konrad Bercovici en 1933.
Biographie
Naissance
Décès
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New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
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Konrad Bercovici (né en 1882 et mort en 1961) est un écrivain américain d'origine roumaine.

Biographie

Né en Roumanie, dans une famille juive non-pratiquante, en 1882, Konrad Bercovici vécut son enfance essentiellement à Galați. Sa famille était polyglotte et les enfants apprenaient le grec, le roumain, le français et l'allemand. Ils jouait librement avec des Grecs, des Roumains, des Russes, des Juifs, des Turcs et des Roms de Dobroudja et du delta du Danube. Selon son autobiographie, par l'intermédiaire de sa nourrice rom et de sa famille et celui des clients de son père maquignon, Bercovici eut beaucoup de contacts avec les Roms locaux. La famille resta en Roumanie jusqu'à la mort de son père des suites de blessures subies pendant les violences antisémites de Galaţi. Konrad Bercovici avait onze ans[1].

Après la mort de son père, la plupart de la famille émigra à Paris. Konrad y travailla pour les préparatifs de l'Exposition universelle de 1900, et son éducation fut fortement influencée par les débats publics autour de l'Affaire Dreyfus. Bercovici a étudié à l'Université Populaire pour devenir organiste. À Paris, il rencontra sa femme, la sculptrice Naomi Librescu[2]. Ensemble, ils émigrèrent en Amérique du Nord. Après quelque temps à Montréal, la famille s'installa dans le Lower East Side à Manhattan. Pour joindre les deux bouts, Bercovici travaillait dans des ateliers, donnait des leçons de piano et jouait de l'orgue dans des nickelodeons[2]. Il avait commencé sa carrière d'écrivain en tant que journaliste pour un titre Yiddish de Montréal, puis il attira l'attention avec son premier livre en langue anglaise, Crimes of Charity [Crimes de charité], qui dévoilait des pratiques controversées au sein des institutions de charité de New York.

Bercovici continua d'écrire des articles en tant que journaliste toute sa carrière, mais se fit surtout connaître pour ses nouvelles sur le peuple rom, avec des histoires comme Ghitza ou The Bear Tamer's Daughter [La fille du montreur d'ours]. Une fois sa carrière lancée, Bercovici fréquenta l'hôtel Algonquin[3]. À cette époque, lui et sa femme Naomi se lièrent avec Paul Robeson et sa femme Essie[4]. Il fréquentait également les cafés de Romany Marie.

Ses succès éditoriaux lui permirent de voyager et ainsi de produire des récits sur les communautés ethniques qui immigraient aux États-Unis. Dans son livre Around the world in New York [Autour du monde à New York] il consacre un chapitre, intitulé Spain [Espagne], au quartier espagnol de la ville, appelé Little Spain. Très souvent, Bercovici voyageait en Europe et fréquentait des cercles avec des écrivains de la Génération perdue, comme F. Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway[5].

Il écrivit également des récits de voyages, des biographies et des œuvres de fiction[6]. Il écrivait également des articles pour Harper's Magazine.

Les histoires de Bercovici suscitèrent l'intérêt d'Hollywood, où il fut scénariste plusieurs années. Là, il se lia d'amitié avec Charlie Chaplin, Mary Pickford, et Douglas Fairbanks.

Le romancier américain Theodore Dreiser avait certains de ses livres dans sa bibliothèque[7].

Œuvres

  • Crimes of Charity [Crimes de charité] (1917)
  • Dust of New York [Poussière de New York] (1919)
  • Ghitza and Other Romances of Gypsy (1921), Ghitza et autres romances du sang tzigane, traduction de Robin Plancque, 2018
  • Gypsy Blood [Sang tzigane](1922)
  • Murdo [Murdo] (1923)
  • Love and the Gypsy [L'Amour et les Tziganes] (1923)
  • Around The World In New York (1924) L'Amérique inconnue, traduction d'Yvon Lapaquellerie, 1933
  • Iliana: Stories of a Wandering Race [Iliana: histoires d'une race errante] (1924)
  • Costa's Daughter [La fille de Costa] (1924)
  • Between Earth and Sky [Entre la terre et le ciel] (1925)
  • Best Short Stories of the World [Les meilleures nouvelles du monde] (1925)
  • The Marriage Guest [L'invité au mariage](1925)
  • On New Shores (1925) L'Amérique inconnue, traduction d'Yvon Lapaquellerie, 1933
  • Singing Winds: Stories of Gipsy Life [Vents chantants : histoires de la vie tzigane] (1926)
  • The Volga Boatman (1926) Le Batelier de la Volga, adaptation de Jacques Fillier, 1927
  • Alexander: A Romantic Biography (1928) La Vie d'Alexandre le Grand, traduction d'Yvon Lapaquellerie, 1931
  • The Story of the Gypsies [L'histoire des Tziganes] (1928)
  • Nights Abroad [Nuits à l'étranger] (1928)
  • Peasants [Paysans] (1928)
  • There's Money in Poetry [Il y a de l'argent dans la poésie] (1928)
  • Between Earth And Sky [Entre la terre et le ciel] (1929)
  • The Crusades [Les croisades] (1929)
  • The Power of Women [Le pouvoir des femmes] (1929)
  • Steel Against Steel [Acier contre acier] (1929)
  • Stormy Hearts [Cœurs tempêtueux](1929)
  • Wine, Women and Song [Du vin, des femmes et des chansons] (1929)
  • Blood and Lava [Le sang et la lave] (1930)
  • Land, an Old Man and His Wife [La terre, un vieil homme et sa femme] (1930)
  • For Love of Zaska and Other Stories [Pour l'amour de Zaska et autres nouvelles] (1930)
  • When Faith in Love Returns [Lorsque la foi en l'amour revient] (1930)
  • For a Song [Pour une chanson](1931)
  • Manhattan Side-Show [Un à-côté à Manhattan] (1931)
  • That Royal Lover [Cette maîtresse du roi] (1931)
  • Against the Sky [Contre le ciel] (1932)
  • The Incredible Balkans [Les incroyables Balkans] (1932)
  • Main Entrance [Entrée principale] (1932)
  • A Romany Chai [Un thé rom] (1933) London
  • It's the Gypsy in Me [C'est le Tzigane en moi] (1941)
  • The Exodus [L'exode] (1947)
  • Savage Prodigal [Un prodigue sauvage] (1948)
  • Gypsies, Their Life, Lore and Legends (1983)

Procès contre Charlie Chaplin

Le célèbre film de Charlie Chaplin Le Dictateur (1940) fut l'objet d'un procès en plagiat en 1947 contre Chaplin. Le procès fit l'objet d'un règlement amiable et Chaplin paya à Konrad Bercovici 95 000 dollars[8]. Dans son autobiographie il insista sur le fait qu'il écrivit seul le scénario. Il choisit un règlement à l'amiable cependant à cause de la défiance de l'opinion publique à son égard à l'époque et de l'incertitude qui en résultait[9].

Konrad Bercovici était représenté par le célèbre avocat Louis Nizer. Dans son livre, My Life in Court (Procès à New York, traduction de M. Garapin, 1967), Nizer commente l'affaire de la sorte, y voyant une illustration de sa méthode de prédiction du comportement humain, qu'il appelle la « loi des probabilités » : « Nous affirmions que Chaplin s'était mis en rapport avec Bercovici afin d'adapter une de ses nouvelles tziganes au cinéma et qu'au cours de ces négociations amicales, Bercovici avait donné une esquisse de l'histoire du Dictateur sur un barbier qui rassemblait à Hitler et fut confondu avec lui. Chaplin niait avoir négocié la nouvelle tzigane et niait tout le reste aussi... Un jour, suite à mes questions répétées, Bercovici se souvint soudain qu'il avait rencontré Chaplin dans un cinéma à Hollywood et que Chaplin lui avait montré un baryton russe dans le public, qu'il pensait pouvoir jouer le rôle principal dans l'adaptation de la nouvelle tzigane. Bercovici pensait qu'ils avaient discuté avec le chanteur ce soir-là et qu'il pourrait avoir été un témoin. » Nizer rechercha Kushnevitz, le baryton russe et le retrouva : « Le souvenir de l'événement était vif chez lui, car, comme il l'a dit, c'était un moment fort de sa vie : la possibilité d'un rôle dans un film de Chaplin. Chaplin l'avait fait descendre des baignoires et lui avait donné son numéro de téléphone privé. Il sortit un petit carnet noir de sa poche intérieure et il avait toujours le numéro, écrit dedans. C'était le témoin parfait au regard des dénégations de Chaplin sur son intérêt pour la nouvelle tzigane. »[10]

Notes et références

  1. Konrad Bercovici, It's The Gypsy In Me : The Autobiography of Konrad Bercovici, New York, Prentice-Hall, Inc., , 1–12 p. (ISBN 1-4286-1947-X)
  2. a et b Paul Avrich, The Modern School Movement: Anarchism and Education in the United States, AK Press, 2005, p. 84
  3. Michael Kraike, « An Interview with Konrad Bercovici, », Canadian Jewish Chronicle (27 Nov 1931)
  4. Martin Duberman, Paul Robeson, Ballantine, , 76 p. (ISBN 0-345-36413-9)
  5. Carlos Baker, Ed., Ernest Hemingway : Selected Letters, 1917-1961, New York, Scribner, , 203 p.
  6. Paul Avrich, Anarchist Voices: An Oral History of Anarchism in America, AK Press, 2006, p. 107
  7. Roark Mulligan, 'Theodore Dreiser's Private Library'
  8. « Law Library – American Law and Legal Information » (consulté le 11 juin 2007)
  9. Chaplin, My Autobiography, 1964
  10. Louis Nizer, My Life in Court (Rum and Coca Cola: 1944) pp. 9-10.
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