Les Lettres d’une Péruvienne de Françoise de Graffigny paraissent dans leur première version en 1747[1]. Ce roman épistolaire et sentimental relate la vie de Zilia, jeune femme inca, séparée de son fiancé, Aza, lorsqu’elle est enlevée par des conquistadors espagnols avant d’être ramenée de force en Europe. Elle est rachetée par un officier français, Déterville, qui la prend sous son aile. Elle apprend, petit à petit, à se faire une certaine place au sein de la société française, sans pour autant manquer de critiquer celle-ci. Le roman se clôt par une conclusion pour le moins surprenante pour l’époque, alors que Zilia refuse le statut traditionnel de soumission de la femme à un homme. Cette fin vaudra à l’œuvre de Graffigny un nombre considérable de réactions austères et de commentaires sévères de la part de ses contemporains[2], mais également l’intérêt de la critique littéraire féministe à partir des années 1960[3].

Quick facts: Auteur , Pays , Genre , Version originale, La...
Lettres d’une Péruvienne

Première page

Auteur Françoise de Graffigny
Pays France
Genre Roman épistolaire
Version originale
Langue Français
Version française
Date de parution 1747
Close

Le roman de Graffigny procède à une rude critique de la société française, permise par le décalage entre l’étrangère et sa société d’accueil[2]. L’autrice s’attaque à la religion, à l’éducation, à la condition féminine et à la politique, pour ne nommer que quelques sujets. Martine Reid, critique littéraire française, ira même jusqu’à qualifier l’œuvre de Graffigny de « geste pré-féministe[2] ».

Les Lettres d’une Péruvienne aura connu une aventure éditoriale hors du commun. Si une première édition du roman, dans sa version inachevée, paraît anonymement en 1747, ce n’est qu’en 1752 que paraîtra chez Duchesne une version définitive, signée par Françoise de Graffigny[1], contenant trois lettres supplémentaires ainsi qu'une introduction historique[4],[5]. En cinquante ans, plus de quarante éditions verront le jour[6], et dès le XVIIIe siècle, des traductions en italien et en anglais paraîtront[1]. Les Lettres d’une Péruvienne seront un si grand succès que les femmes de l’époque se feront peindre « à la péruvienne »[2] et le roman donnera lieu à une mode vestimentaire[6], si bien que l’œuvre sera rétrospectivement considérée comme un des premiers best-sellers de la littérature française[2].