L’opinion publique désigne l'ensemble des convictions et des valeurs, des jugements, des préjugés et des croyances plus ou moins partagés par la population d'une société donnée.

Manifestation de rue aux États-Unis en faveur de l'égalité des droits, 1963

De même qu'une opinion se caractérise par son aspect normatif et se différencie de l'esprit critique (marqué, lui, par le questionnement, l'argumentation, l'approche contradictoire et le souci d'approcher une certaine vérité), l'opinion publique peut parfois être construite sur des avis tranchés, des émotions, des informations non vérifiées pouvant se révéler fausses, qu'elles soient véhiculées intentionnellement ou non.

L'ensemble des sociologues s'accordent sur l'idée que ce n'est qu'au XXe siècle, avec l'apparition des médias de masse, qu'il est légitime de parler de « société de masse » et d'« opinion publique ». Ils démontrent également combien celle-ci est manipulable par des techniques de propagande, ce qui explique notamment l'apparition des grands régimes totalitaires (fascisme, communisme, nazisme…).

Dans les démocraties, la propagande vise essentiellement à influer sur les choix politiques. Plus largement, et dès lors que l'idéologie dominante est le capitalisme, la publicité est considérée comme une forme de propagande visant à façonner les comportements et les styles de vie dans le sens du consumérisme.

À la fin du XXe siècle, le débat confronte essentiellement deux camps :

  • le premier (et le plus important majoritairement) de sensibilité post-marxiste, selon qui l'opinion est façonnée par les propriétaires des grands médias et l'ensemble de leurs soutiens, les acteurs principaux du capitalisme.
  • le second, minoritaire, de sensibilité technocritique, selon qui l'évolution des moyens de communication et le fait qu'ils sont de plus en plus accessibles à un grand nombre conditionnent les individus au point que la frontière entre "propagandistes" et "propagandés" devient extrêmement relative.

Ce débat est relancé au XXIe siècle, quand, avec internet, les individus ne sont plus seulement "consommateurs" mais "producteurs" d’opinions partagées à une certaine échelle et que, n'étant soumis à aucune déontologie, à la différence des journalistes, un certain nombre d'entre eux en viennent à répandre des quantités de fake news sur les réseaux sociaux.