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Pique-mouches ou Satire burlesque sur la déroute de Craon
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Le Pique-mouches ou Satire burlesque sur la déroute de Craon (24 mai 1592), avec un commentaire historique (titre complet) ou Pique-mouches est une chanson satirique collective mêlant prose et vers français.
Cette œuvre politico-satirique, qui a pour sujet la tenue, pendant les guerres de Religion, de la bataille de Craon qui a eu lieu à Craon le par la ligue catholique hostile à Henri de Navarre, dans le but d’élire à sa place un roi catholique, a parodié les prétentions d'Henri de Navarre et de ses partisans.
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Forme littéraire
Résumé
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Le Pique-mouches est une œuvre en vers et en prose de Michel Luette, capitaine ligueur nommé La Vallée. Cette chanson peut-être vue comme la contrepartie de la Satyre Ménippée : de la Vertu du Catholicon d'Espaigne et de la tenuë des estats de Paris, selon la remarque d'Ernest Mourin[1]. « On y trouve pour lui des traits fort vifs, des saillies mordantes et une vraie pointe d'esprit gaulois. On répéta dans les pays d'Anjou, du Maine et de la Bretagne cette chanson populaire.
Luette, soldat ligueur fut aussi le gai chansonnier de son parti. Son Pique-Mouches, improvisé à l'occasion de la bataille de Craon, est une contrepartie assez vive des facéties de la Satire Ménippée. 6 vers sur 2 rimes, avec le mordant refrain « Il n'est que d'aller », suffisaient pour clouer un nom au pilori ligueur. On connaît 70 couplets, qualifiés de stances liricques par Jean Louvet ; on dit qu'il en fut fait plus de 100, chacun s'exerçant dans ce genre facile. Il en est dans le nombre de fort triviales, en style à la dragonne, aurait dit Gresset[2].
Jean Louvet a inséré dans son Journal les 50 « stances en vers liriques appelés piques-mouches, pour'ce qu'ilz picquent ceulx qui ont faict ledict siége. ». La Revue de l'Anjou a publié les 50 stances insérées dans le Journal de Jean Louvet, avec quelques notes sommaires en 1854[3]. Toutefois cette reproduction n'est pas entièrement conforme au manuscrit et contient un certain nombre de fautes. Cette satire était beaucoup plus développée dans l'original[4], Malheureusement cette nouvelle version a été empruntée à un document qui fourmillait de fautes, d'inexactitudes, d'omissions et d'incorrections[5]. En réunissant les deux textes, André Joubert arrive à un total de 70 couplets en respectant l'orthographe du manuscrit de Jean Louvet, pour donner aux vers liriques une lecture plus aisée[6]. Il est certain que Louvet connaissait les autres stances de la satire[7].
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Contexte politique
Résumé
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Le chef de la Ligue pour la région est Mercœur, gouverneur de la Bretagne, il a pour principal lieutenant Urbain de Laval Boisdauphin, marquis de Sablé, qu’il crée maréchal de Boisdauphin. En 1589, le maréchal de Bois-Dauphin se replie alors sur Craon, dernière place avant la Bretagne, où il nomme commandant Pierre Le Cornu, seigneur du Plessis de Cosmes, qui en fait une place forte.
En 1590, Mercœur, gouverneur de Bretagne, se révolte contre l’accession au trône du protestant Henri de Navarre. Le duc de Mercœur se met à la tête de la Ligue de Bretagne, songeant même à rétablir la souveraineté de cet ancien duché, sa femme étant descendante de Jeanne de Penthièvre. Il se proclame également Protecteur de l’Église catholique et romaine dans cette province.
Il obtient l’aide du roi très catholique Philippe II d'Espagne. Ce dernier lui envoie sept mille Espagnols qui débarquent au Blavet (futur Port-Louis), sous le commandement de Don Juan d’Aguila[8].
Le , Henri IV voulant soumettre Craon, ses cousins Henri de Bourbon, duc de Montpensier, et François de Bourbon, prince de Conti, se réunissent secrètement à Laval pour organiser une attaque. Le , Montpensier arrive avec ses armées dont 1 200 Anglais et 800 Allemands à Craon et met le siège. Le , Mercœur et Boisdauphin arrivent à leur tour avec leurs armées et les troupes du bandit-chef de guerre Guy Éder de La Fontenelle, pour défendre Craon.
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Le texte
Résumé
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Pique-mouches
Couplet 1 : Sus, sus braves soldarts françois, Et vous, noblesse catholicque, Q'uon chante et rechante cent fois La deffaicte du politicque[9]; Que le malheureulx héréticque Frémisse au chant de vostre voix. Il nest que daller[10].
Couplet 2 :Chantez l'ange exterminateur Qui, dune puissance celleste, Par le bras du Duc de Mercur[11] A mis a néant ceste peste. Prions Dieu que bien tost du reste, Il puisse demeurer vaincqueur. Il nest que daller.
Couplet 3 :Vray Dieu! qui eust jamais pencé Que la cruaulté enraigée Dung sourt et muet incensé[12] Eust esté si tost engaigée? Dieu seul sa fortune a changée Pour sa tirannye du passé. Il nest que daller.
Couplet 4 :La paouvre prince maunoury[13] En larmée haultement ce vante Quil fera dancer lennemy Une volte en lair malplaisante. Mais Craon lui apprend la Courante Et les Bretons la Trihory Il nest que daller.
Couplet 5 :Qui eust dict laultre Bourbon Et tant de noblesse à sa suite, Oultre son anglois escadron[14], Eust prins sy laschement la fuitte, Et laissé, fautte de conduitte, Tant de buttin à labandon. Il nest que daller.
Couplet 6 :Deulx princes extraictz des Bourbons[15], Avec trente Seigneurs deslitte, Neuf comptes et treze barons, Sans frapper prennan la garitte[16], Chascun des quelz, comme il méritte, Furent fouettez comme larrons. Il nest que daller.
Couplet 7 :Cest grant cas que pas ung dentre eulx Ne peult, pour quelque remonstrance, Tant feust il brave et couraigeulx, Nous faire aulcune résistance, Tant la terreur de leur offance Leur avoit esblouy les yeulx. Il nest que daller.
Couplet 8 :Lasches soldartz et vrais poltrons[17], Et vous, noblesse plus poltronne, Où sont les motz quen vos maisons Vostre salle bouche bourdonne Contre ce grant Duc qui ordonne Quon ait recours aux oraisons[18] Il nest que daller.
Couplet 9 :Vraiement il faict son oraison Pendant que tu fais du bravache[19], Et que tu pille la maison Du paisant et volle sa vache, Ou que tu le tiens a latache Pour mieulx en avoir la raison. Il nest que daller.
Couplet 10 :Son soldart ce met en debvoir De recongnoistre son offence, Et le tien de tout son pouvoir Contre Dieu ce met en deffence; Le fort ou est ton assurance Nest quanmoien pour en avoir. Il nest que daller.
Couplet 11 :Tu est pour tout, vray perroquet, Tu est royal, je te laccorde, Aussy natu que le cacquet Et une vie salle et orde[20] Si tu nas assez de la corde, La roe faict frapper le tracquet[21]. Il nest que daller.
Couplet 12 :Le comportement[22] outrageux Que ton soldart faict en la France, Le rent dun homme couraigeulx Un coyon plain doultre cuidance. Et aussy, pour toutte vaillance, Se tourne en homme furieux. Il nest que daller.
Couplet 13 :Il est à laise et à souhait, Quant il tient quelque paouvre vieille, Et qui luy romp son pot au lait, Ou la force, veille ou non veille; Oultre ce la il faict merveille De prendre loye et le poullet. Il nest que daller.
Couplet 14 :Mais quant ce vient à ung assault Ou à leffect dune rencontre, Il ne crainct de dire tout hault Cest par là que le villain monstre Quil trouve icy le fer trop chault. Il nest que daller.
Couplet 15 :Tesmoing le beau siège de Craon Où dix mil hommes sont en fuitte, Que deulx princes, à grant ahan[23], Avoient faict venir à leur suitte. Quant ce vient au jour de la luitte, Si tu my trouve, sy me pren[24]. Il nest que daller.
Couplet 16 :On veit ses perroquetz royaulx, Couverts descharpes et panaches, Courir comme de grands veaulx Qui venoient de tetter leurs vaches, Quilz tenoient là comme gavaches[25] Pour destruire les bledz nouveaulx. Il nest que daller.
Couplet 17 :Je vey fuir tous les plus grands Entre lesquelz Monsieur Danville, Auparavant des plus mordans, A ce camp fust le plus habille; Sy on eust peu prendre la ville En courant, il estoit dedans. Il nest que daller.
Couplet 18 :Rochepot sen vouloit sortir Et laisser le gros de larmée, Se souvenant du départir De luy et de sa bien aimée Qui transsye et demye pasmée, Qui dist avant de départir : Il nest que d'aller.
Couplet 19 :Ha! Damoiseau de Commercy, Mon tout et ma seulle espérance, Ayez de mon gros C.. mercy, Et luy gardez bien vostre lance; En ce la gist vostre vaillance Et à moy mon plus grant soulcy. Il nest que daller.
Couplet 20 :Mais quoy! le paouvre malheureux Se retirant dessus sa perte, La Haye de Thorcé[26], furieux, Se jeta dessus sa mallette[27], Et le print par sa barbe verte, Se faisans compaignons tous deux Il nest que daller.
Couplet 21 :Nermoustier[28], craignant un afront Ou davoir quelque dure atteincte, Se miste ses deulx cornes au front Où estoit sa vertu empraincte, Puis sen fuit sans auculne craincte, Faisant comme les aultres font. Il nest que daller.
Couplet 22 :La grant barbasse[29] Du Bellay[30] Se sauvant dun brave couraige, Les paisans, je ne sçay pourquoy, Lui ostèrent son ecquipaige, Et fust frappé par le visaige Dun grant villain trou de ballay. Il nest que daller.
Couplet 23 :Sainct Phalle[31], trop jeune et douillet, Eut là une mauvaise estraine, Car luy, tendre comme ung poullet, Fust incontinant hors dallayne, Allant chercher à toutte peine Si sa nourice avoit du laict. Il nest que daller.
Couplet 24 :Si Craon est prins avec du vant, Ce sera Davaugour[32] sans doutte; Car, en souflant, le plus souvant Il met les aultres vants en routte. Et en un besoin, somme toutte, Faict tourner ung moullin à vant. Il nest que daller.
Couplet 25 :Ton nom te vient bien à propos, Vray villain, marcquis de Villaine, Villain allaiton [d'] Attropos, Tes villainyes du pais du Mayne Rendent ton âme sy villaine Quelle nyra jamais en repos. Il nest que daller.
Couplet 26 :Ce vieil pharisien de Rambouillet Qui jeusne et marmotte à sa guyse, Ce pendant à grands coups de fouet Il traitte sa mère léglise. Et sy fortune favorise Lhéréticque, cest son souhait. Il nest que daller.
Couplet 27 :De là nous pouvons bien juger Quel est lhumeur de lhipocritte, Qui ne demende quà naiger Où la faveur du vant lincitte, Tous jours faisant la chattemitte, Ne sçait à quel port ce ranger. Il nest que daller.
Couplet 28 :Ce Diable enragé de Racan[33], Avec ses trouppes foudroiantes, Fust deffaict et mené a Craon, Puis de là fut mené a Nantes; Ses faczons par trop viollantes Luy ont méritté ung carcan. Il nest que daller.
Couplet 29 :Bassetenay[34], avec Madelet[35], Tous deulx frères par alliance, Des premiers eurent leur pacquet Pour leur servir de récompence; Mettez les en une ballance, Robin vauldera bien Jacquet. Il nest que daller,
Couplet 30 :Le vallet de monsieur Despeaulx[36], Congnoissant lhumeur de son maistre, Le cacha dessoubz des rameaulx En ung fossé, et le feist estre Vingt et quatre heures sans repaistre, Pendant quon jouoit des cousteaulx. Il nest que daller.
Couplet 31 :Je vey là ce traistre Fourneaulx[37], Meudrier du baron de Vernye[38], Patrière et le sieur des Pruneaulx, Bien hardiz, quoy que lon en die; Mais quoy? la mesme malladie Print à eulx et à leurs chevaulx. Il nest que daller.
Couplet 32 :Puchairicq faisoit assez bien Pour ung homme de son villaige, Encorres quil ne vaille rien, Tesmoing son bazanné visaige. Blessé quil fust, court en sa caige, Lespérance de tout son bien. Il nest que daller.
Couplet 33 :On le compare au potiron Qui nous vient en une nuittée, Et nest jamais sans compaignon. Tous deulx enfans dune brouée[39], Ilz sont fraiz a la matinée Et au soir flaistriz, vueille ou non. Il nest que daller.
Couplet 34 :Il a ung chasteau pour son lot, Sa fortune est venue en poste, Prenne garde au fouet de Halot Ou bien au béguin[40] de La Coste[41] Bussy craint bien quil ne lacoste, Quant au grec[42], ce nestoit qu'un sot Il nest que daller.
Couplet 35 :Que dict-on encor, Puchairicq ? On blazonne ton armoyrie, Une main tient ung coeur rougy De sang humain enflé denvye ; Lestoille dont il prent sa vie Ce tient au ciel bien loing de lui Il nest que daller.
Couplet 36 :Ta main est une demye foy Au sang tu metz ton espérance Charité ardente de soy Loin des deulx faict sa résidence; Il ny a donc poinct daparence Qu'on trouve rien de bon en toy, Il nest que daller.
Couplet 37 :Niaffle et Mr de Villiers[43], Lun fort gras et laultre fort maigre Avec leurs cornes de béliers, Crioient fort après le vinaigre. Le plus gros fust le plus alaigre, Car il suivoit les cuisiniers. Il nest que daller.
Couplet 38 :Dachon ne sera pas comprins Des fuyarts, car, pour faire teste, Comme ung homme fort mal aprins, Samuse a donner sur la teste Dun grant marault qui le maleste, Cela fust cause quil fust prins. Il nest que daller.
Couplet 39 :Ce grant piaffeur des Aulbiers Nattendit à ce mettre en monstre, Ce cachant parmy les fumiers, De peur de faire une rencontre; Son cheval, portant malencontre, Le jette au rang des lanterniers[44] Il nest que daller.
Couplet 40 :Mais que faisois tu, Bas Plessis?[45] Fus tu poinct frappé par derrière? Nenny, jen faisois plus que six; Je suis le compte de Bavière, Digne de faire une estrivière, Le cul sur une selle assis. Il nest que daller.
Couplet 41 :Le perfide de Montbazon[46], Pour bien marcher du pié à terre, A mis en honneur sa maison Et la gardera du tonnerre, Sy son parain, M: Sainct Pierre, Veult exaucer son oraison. Il nest que dalller.
Couplet 42 :Savez vous que je vey aussy, Qui bien tost nous quicta la place, Montsoreau'à qui de Bussy[47] Planta une corne en la face. Il sencourut froit comme glace Tant il avoit le cueur transsy. Il nest que daller.
Couplet 43 :Ce vaillant volleur de Serrouet[48] Sentoit de loin telle desserte; De peur davoir des coups de fouet, De bonne heure feist sa retraicte, Laissant sa compaignée deffaicte Et ses soldarts mis au rouet[49]. Il nest que daller.
Couplet 44 :Lestel, le borgne non pareil, Cruel et sans miséricorde, Craignant de perdre son bon œil, Se rend au premier qui laborde, Attendant quau bout dune corde, On luy face un aultre apareil. Il nest que daller.
Couplet 45 :Nos Angevins vont deux à deux, Courant comme lièvres de Beauce[50]. De paour quils ont, un pet breneux Ils laissent aller dans leurs chausses, Quilz portent pour faire la sauce Dun ustaud[51] chez Mathie Aubeux[52]. Il nest que daller.
Couplet 46 :Je vey vostre prévost d'Angers[53], Enfagotté comme une gerbe, Quon feist mener hors des dangers, De bien tost frotter son cul dherbe. Le loyer dun prévost superbe Ferme la poche des meusniers. Il nest que daller.
Couplet 47 :Cheverue[54], lorgueilleux poussif, Daller aulx coups craignoit sa peine, Aussy est il gros et massif Comme ung crappault a courte aleine; Il est fin, car sa poche est plaine. Dun Arabe il a faict ung juif. Il nest que daller.
Couplet 48 :Le vieux président de Moussy[55], Quelque temps avant sa deffaicte, Prévoyant la fin de cecy, Prist congé et feist sa retraicte. Adieu, dit il, faictes le reste, Je ne sers plus de rien icy. Il nest que daller.
Couplet 49 :Miron le suivoit pas à pas, Menant ses vaches à grant joye, Dont il a faict un grant amas A Eventard[56] et à la Haye[57]. Mais quant le bonhomme eust sa proye, Depuys il ny retourna pas. Il nest que daller.
Couplet 50 :Voyez ces vaillans champions, Voyez ce conseil magnificque, Et la garenne à morpions, (Jentends la barbe judaicque), Qui au hazard dun fer de picque Ont laissé leurs principions[58]. Il nest que daller.
Couplet 51 :Sçais tu que cest que ce Miron? Cest ung juif qui est à tout faire. Il est gendarme ergo larron; Levesché est tout son affaire : En cela il veult contrefaire Coré, Dathan et Abyron[59]. Il nest que daller.
Couplet 52 :Il gouvernoit le temporel Du royaulme és lunes passées; Il prend au jour dhuy sur l'aultel Offrandes a grandes brassées, Et cy cest des chaires[60]percées Le controlleur universel. Il nest que daller.
Couplet 53 :Proustière, pour bonne raison, Ne sortit hors de sa tannière, Car aux champs, en ceste saison, On voit fleurir la chenevière Qui a vertu particulière Détouffer ceulx de sa maison. Il nest que daller.
Couplet 54 :Elle croist au temps des fruits nouveaulx. Y a de grants vertus en elle; Elle fournit tous les bateaulx De cordaiges et de ficelle. La toille en est bien forte et belle, Mais elle est funeste aux Gourreaux[61]. Il nest que daller.
Couplet 55 : Or, puisque ton nom est honni, Pour remettre en honneur ta race, Auras tu nom Jacquet Nourri[62]? Pantalona[63] meilleure grâce; Puis Bodet, avec sa grimace, Te servira d'ung vray Zani. Il nest que daller.
Couplet 56 : Matras sera ton Arlequin Car sa façon est très badine ; Besson[64] entend le Patelin Qui sent son Horace à la mine ; Sa femme aura nom Jacqueline, Sa sœur Isabelle ou Catin. Il nest que daller.
Couplet 57 : Prends donc ta robe à hault collet[65], Tes peaulx[66], ta camisole rouge, Ta barbute[67] au lieu dun bonnet, Ton faulx nez courbe comme un vouge, Ta grant dague, et montre ton bouge[68], Avec tes chausses de rollet[69]. Il nest que daller.
Couplet 58 : Or, ce n'est pas encore tout Il fault que tu saiches ton rolle ; Pierre Ayrault taydera dun bout Et servira de porte colle[70]. Il joueroit bien de la pibole Mais ses besicles[71] gastent tout. Il nest que daller.
Couplet 59 : Ce faisant, ne reste, sinon Faire ung change en ceste manière. Proustière aura son nom Pantalon, Pantalon aura nom Proustière. Sil prend ta mule sans croupière, Dieu len doint une autre au talon. Il nest que daller.
Couplet 60 : Te voila donc en bel arroy[72], Pantalon, race de vipère, Qui, pour ton hérétique roy, Ronge le ventre de ta mère, Homme rempli de vitupère[73] Qui mets tout le monde en effroy. Il nest que daller.
Couplet 61 : Revenons à nostre propos Et laissons ce villain, en somme, Qui ne laisse rien en repos. Diable denfer, femme ni homme, Ceulx quil ne tue, il les assomme, Et les ronge jusques aulx os[74]. Il nest que daller.
Couplet 62 : Bref, nos villains ont tout perdu, Canons, boullets, pouldre, bagaiges; Le reste senfuit éperdu, Qui en mourra du mal de raige; Et, si quel q'un deulx prend couraige, En peu de temps sera pendu. Il nest que daller.
Couplet 63 : Voila q'uont servi les lauriers Que faisoit porter la princesse[75] A tous ces carbousons[76] d'Angers, En signe de son allégresse, Hault tonant partout la promesse De son bègue[77] et ses estaffiers[78]. Il nest que daller.
Couplet 64 : Voilà le destin malheureulx Du conseil de ces jeunes princes, Et du serment qui fust entre eulx De saccaiger par les provinces Prestres, nonnains, moines, novices Et tous quilz nomment ligueulx. Il nest que daller.
Couplet 65 : Apprenez, princes, apprenez A craindre Dieu et sa justice. Vous, Seigneurs, qui vous adonnez A la cruaulté et au vice, Jamais vous ne laurez propice, Si au péché vous pardonnez. Il nest que daller.
Couplet 66 : Allez, héréticques royaulx, Courrez le trot en Angleterre. Allez quérir des Anglois nouveaux[79], Pour nous venir faire la guerre, Car ceulx cy, renversez par terre, Servent de gresse à nos naveaulx[80]. Il nest que daller.
Couplet 67 : Ces liffres loffres[81], ces gourmans, Ces vieux chaudronniers d'Almaigne[82], Avec leurs femmes et enfans, Furent là gariz de la taigne. Leurs peaulx sont des jà en Espaigne Tout exprès pour faire des gans[83]. Il nest que daller.
Couplet 68 : Ceulx là furent mieux secouez Qui pensoient avoir couraige, Entre aultres les Anglois couez[84]. Après avoir vomy leur raige, Dieu les quictant en tel oraige, Le Diable les a advouez. Il nest que daller.
Couplet 69 : Ce seroit œuvre contrefaict Sy moy seul voulois entreprendre De dépeindre ung si grant effect Que le monde ne peut comprendre, Car Dieu seul nous le peut apprendre. Il ny a rien que de son faict. Il nest que daller.
Couplet 70 : Tais toy, picque mousche, tais toy, Nen parlons plus, et allons boire. Nos vaches sont en désarroy, Cest le plus fort. Il fault bien croire Que quel q'un en fera mémoire Qui dira beaucoup mieux que toy :
Il nest que daller.La liste des seigneurs royaux énumérés par Michel Luette comprend beaucoup de noms. Cependant, tous les chefs du parti présents à la Bataille de Craon ne sont pas nommés.
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