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Accident de Beaune
accident de la route survenu le 31 juillet 1982 sur l'autoroute A6 près de Beaune, en Côte-d'Or De Wikipédia, l'encyclopédie libre
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L'accident de Beaune est un accident de la route survenu le sur l'autoroute A6 près de Beaune, en Côte-d'Or. Accident routier le plus meurtrier en France, il a fait 53 morts dont 46 enfants et adolescents[1] âgés de 5 à 14 ans. La plupart des victimes se trouvaient à bord d'un autocar qui a pris feu à la suite de l'accident et étaient originaires de la commune de Crépy-en-Valois dans l'Oise[2] ; ils partaient en colonie de vacances en direction d'Aussois en Savoie.
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Circonstances
Résumé
Contexte
20 h, le , deux autocars appartenant à une société de transport savoyarde, partent de Crépy-en-Valois, ville située à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris[3]. Ils transportent des enfants et adolescents et leurs moniteurs vers une colonie de vacances organisée par l'assistance sociale de la caisse d'allocations familiales de l'Oise, à Aussois en Savoie.
Au milieu de la nuit, les deux autocars, qui se suivent sur l'autoroute A6 en direction de Lyon, passent Beaune. Il pleut et la circulation est dense en ce temps de « chassé-croisé » des vacances d'été. Selon les témoignages, les autocars roulaient à plus de 120 ou 130 km/h ; la vitesse exacte ne peut pas être connue car les chronotachygraphes sont détruits lors de l'accident[a]. Les autocars circulent sur la voie centrale et se suivent à faible distance.
Vers 1 h 35, un véhicule tractant une caravane crée un ralentissement dans l'« entonnoir » de Beaune, une zone dangereuse où l'autoroute passe de trois à deux voies. Une Citroën GS se trouvant sur la troisième voie se rabat précipitamment devant une Citroën 2 CV qui se trouvait déjà entre les deux cars. L'autocar de tête doit freiner car un autocar allemand situé devant lui freine lui-même[2]. Il percute l'autocar allemand, mais sans conséquence dramatique. Le deuxième car freine à son tour, mais cela s'avère inefficace, il effectue un freinage dit asymétrique, qui le fait se déporter sur la voie de gauche, il percute alors deux véhicules, parvient à revenir sur la voie centrale et vient finir sa course sur la 2 CV, qui elle-même percute la GS, la projetant sur le car de tête, provoquant un carambolage. Les réservoirs de la 2 CV et de la GS s'éventrent, se vident sur la chaussée et l'essence s'embrase presque immédiatement. La chaussée étant mouillée, l'essence s'étend très vite à l'avant de l'autocar n°2 et à l'arrière du premier. Le Setra étant un vieux modèle, l'intérieur prend rapidement feu, piégeant inexorablement ses occupants.
Le premier autocar est évacué par les conducteurs et les moniteurs. Dans le second, l'issue latérale avant est bloquée par la 2 CV encastrée. Deux moniteurs parviennent tout de même à faire sortir une quinzaine d'enfants par la porte arrière du véhicule mais 44 restent bloqués à l'intérieur avec les deux conducteurs et deux moniteurs. Cinq autres personnes, dont deux enfants, meurent dans les deux voitures (il n'y a pas de survivant dans les deux voitures impliquées).
Les secours mettent du temps pour arriver. En effet, ils doivent zigzaguer au milieu des nombreux véhicules arrêtés derrière l'accident. Quand ils arrivent enfin sur les lieux du drame, ils sont impuissants face à l'ampleur du sinistre, les flammes dévorant les 2 cars et les 4 véhicules impliqués. Pour ne rien arranger à une situation déjà catastrophique, le vent souffle cette nuit-là, renforçant l'intensité du feux. Malgré tout, les secours feront leur maximum pour éteindre le sinistre à la seule lumière des véhicules présents sur cette portion de l'autoroute. L'accident se déroulant en pleine nuit, sous très mauvais temps, le travail est très difficile pour les soldats du feu. Les rescapés des 2 cars sont d'abord pris en charge par les conducteurs du car allemand. Ils sont par la suite rapidement évacués vers un lieu plus sûr. Ce n'est qu'au lever du jour que les équipes de secours et les différentes personnes sur place mesurent l'ampleur de la catastrophe. [b]
Les premières images de l'accident sont terribles : un enchevêtrement de tôle tordue, brûlée, voilà ce qu'il reste des 2 autocars et des 4 voitures impliqués. Rapidement, il paraît évident que cet accident a fait de nombreuses victimes.
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Obsèques
Les familles sont informées de l'accident à 6 heures du matin. Le nom des enfants morts est communiqué par Michel Dupuy, maire de Crépy-en-Valois vers 11 h, suivant l'ordre alphabétique. Peu de corps sont identifiés[4].
Les obsèques ont lieu dans cette même commune le en présence du président de la République, François Mitterrand, du Premier ministre, Pierre Mauroy, et de plusieurs officiels[b].
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Procès
Des associations de familles de victimes, ainsi que l'Unaf et l'Udaf de l'Oise se portent parties civiles[5]. À la suite du procès, le transporteur est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis[6] et à 25 000 francs d'amende : le véhicule présentait en effet un système de freinage gravement défectueux sur la roue droite. Un des conducteurs est condamné à six mois de prison avec sursis[6], un an de suspension de permis et 2 300 francs d'amende[2]. La compagnie d'assurances doit verser 12 millions de francs aux familles des victimes[2].
Commémorations
Résumé
Contexte
Chaque année depuis plus de quarante ans, à la date anniversaire, la ville de Crépy-en-Valois commémore l'accident au cimetière de la commune où reposent les victimes. Les familles de celles-ci, le maire et les élus de la commune se rendent également sur les lieux de l'accident pour une cérémonie de recueillement.
Marie-Andrée Martin, mère de trois victimes (un de ses enfants a survécu à l'accident[3]) a créé l'Association des victimes de Beaune, qui rejoint la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs[7].
Cimetière de Crépy-en-Valois
Les corps des victimes n'ayant pu être identifiés sont enterrés ensemble sous une grande stèle dans le cimetière d'Hazemont de Crépy-en-Valois[c]. Sur les plaques on peut lire les noms des enfants.
Plaque commémorative au PK 313
En contrebas du lieu de l'accident, au PK 313, sur le territoire de la commune de Merceuil, une plaque commémorative a été posée dans un petit parc arboré qui borde l'autoroute. L'épitaphe est ainsi formulée[8] :
« En souvenir du tragique accident autoroutier qui provoqua la mort de 46 enfants et 7 adultes le — Beaune — Crépy-en-Valois. »
Mémorial pour l'Avenir
Un mémorial est érigé en sur l'aire de repos du Curney, à une dizaine de kilomètres au sud du lieu de l'accident, sur le territoire de la commune de Fontaines. Il est baptisé Mémorial pour l'Avenir ou Jardin onirique[9].
Le monument est financé par une souscription publique de l'Association du mémorial national des victimes de la route, association présidée par la comédienne Nicole Courcel[10] dont l'objet est d'« ériger un monument dédié aux victimes décédées dans des accidents de la route et destiné à sensibiliser la population à l'importance du drame social et humain que constituent ces accidents pour les familles comme pour le pays tout entier »[11].
En , le projet de l'architecte Jacques Valentin (d) et de la sculptrice Françoise Jolivet (d) remporte le concours d'architecture ouvert pour l'occasion[12]. Le mémorial est inauguré le suivant[12],[13],[14].
- Vue d'ensemble du mémorial.
- Plaque à proximité du mémorial.
Wikimedia Commons présente d’autres illustrations sur le Mémorial pour l'Avenir.
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Conséquences sur la réglementation
Le ministre des Transports d'alors, Charles Fiterman, décide de prendre des mesures strictes.
La vitesse maximale autorisée et les temps de conduite pour les autocars sont réduits, la vitesse par temps de pluie pour tous les véhicules est réduite à 110 km/h sur autoroute et à 80 km/h sur route[2]. Les transports collectifs d'enfants sont interdits pendant les périodes de chassé-croisé fin juillet et début août. Tous les véhicules lourds (camions et autocars...) doivent désormais être équipés d'un dispositif de limitation de vitesse, sur lequel toute modification par son utilisateur est rigoureusement interdite[d].
De plus, les constructeurs de véhicules destinés aux transports en commun doivent utiliser des matériaux incombustibles[2] et non toxiques et poser des pare-brise en verre feuilleté.
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Victimes
Résumé
Contexte
Les victimes de l'accident sont les suivantes[15],[16] :
Les enfants morts dans l'autocar sont originaires de Crépy-en-Valois ou des communes environnantes. Plusieurs d'entre eux sont issus de familles nombreuses.
Les passagers de la Citroën GS sont un couple venant de Witry-lès-Reims, dans la Marne. Les passagers de la Citroën 2 CV sont une mère et ses deux enfants venus des Yvelines, qui rejoignaient leur mari et père à Avignon.
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Notes et références
Voir aussi
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