Jean-Paul Sartre

philosophe, dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste français / De Wikipedia, l'encyclopédie libre

Jean-Paul Sartre [ʒãpol saχtχ][n 1], né le dans le 16e arrondissement de Paris et mort le dans le 14e arrondissement, est un philosophe et écrivain français, représentant du courant existentialiste, dont l'œuvre et la personnalité ont marqué la vie intellectuelle et politique de la France de 1945 à la fin des années 1970.

Jean-Paul Sartre
Biographie
Naissance
Décès
(à 74 ans)
Paris 14e
Sépulture
Nom de naissance
Jean-Paul Charles Aymard Sartre
Pseudonyme
Jacques Guillemin
Époque
Nationalité
Domiciles
Formation
Activité
Père
Jean-Baptiste Sartre (d)
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Conflits
Mouvement
Personnes liées
Influencé par
Distinctions
Œuvres principales
Signature

Écrivain prolifique, fondateur et directeur de la revue Les Temps modernes (1945), il est connu aussi bien pour son œuvre philosophique et littéraire qu'en raison de ses engagements politiques[n 2], d'abord en liaison avec le Parti communiste, puis avec des courants gauchistes, au sens léniniste[2] du terme, plus particulièrement maoïstes, dans les années 1970.

Intransigeant et fidèle à ses idées, il a toujours rejeté tant les honneurs que toute forme de censure ; il a notamment refusé le prix Nobel de littérature en 1964. Exception notable, il a cependant accepté le titre de docteur honoris causa de l'Université de Jérusalem en 1976. Il refusa de diriger une série d'émissions télévisées qu'on lui proposait, parce qu'on y mettait comme condition la réalisation d'une maquette préalable, et expliqua : « Je n'ai plus l'âge de passer des examens. » Il contribua à la création du journal Libération, allant jusqu'à le vendre lui-même dans les rues pour donner plus de publicité à son lancement.

Il a partagé sa vie avec Simone de Beauvoir, philosophe de l'existentialisme et féministe, avec laquelle il a formé un couple célèbre du XXe siècle. Leurs philosophies, bien que très proches, ne sauraient être confondues. De 1949 jusqu'à sa mort, il a simultanément vécu une liaison avec Michelle Vian, la première épouse de Boris Vian, qui tape notamment ses textes à la machine en vue de leur parution dans la revue Les Temps modernes[3],[4].

D'autres intellectuels ont joué pour lui un rôle important à différentes étapes de sa vie : Paul Nizan et Raymond Aron, ses condisciples à l'École normale supérieure ; Maurice Merleau-Ponty et Albert Camus dans les années d'après-guerre, puis Benny Lévy (alias Pierre Victor) à la fin de sa vie.

Selon de nombreux commentateurs et pour Sartre lui-même, sa vie est séparée en deux par la Seconde Guerre mondiale. On distingue alors deux grandes périodes dans l'œuvre sartrienne : une approche philosophique théorique axée sur l'ontologie de L'Être et le Néant (1943) ; puis une période plus pratique, où l'auteur cherche à appliquer sa méthode exposée dans la Critique de la raison dialectique (1960)[5]. Cette seconde période de son œuvre a fortement influencé les sociologues qualitativistes comme Erving Goffman.

Jean-Paul Sartre laisse derrière lui une œuvre considérable, sous forme de romans, d'essais, de pièces de théâtre, d'écrits philosophiques ou de biographies. Sa philosophie a marqué l'après-guerre, et il est, avec Albert Camus, un symbole de l'intellectuel engagé. Comme ce dernier l'avait été en 1957, il sera distingué en 1964 du prix Nobel de littérature, qu'il déclinera.

De son supposé engagement dans la résistance en 1941 (engagement mis en doute en raison de son attitude trouble durant l'Occupation), jusqu'à sa mort, en 1980, Sartre n'a cessé de défrayer la chronique. Il s'investit en effet sur de nombreux sujets, embrassant avec ferveur les causes qui lui ont semblé justes. Parfois assimilé à un Voltaire[n 3] du XXe siècle, Sartre demeure un militant jusqu'au bout de sa vie.