Raymond Boudon, né le à Paris et mort le à Saint-Cloud, est un philosophe et sociologue français.

Chef de file de l'individualisme méthodologique en France, c'est l'un des plus importants sociologues français de la seconde partie du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

Dans son maître-ouvrage L'Inégalité des chances (1973), il traite la question de la mobilité sociale, dont on s'étonne à l'époque qu'elle ne soit pas accélérée par la démocratisation scolaire, et montre que le principal facteur d'explication de l'inégalité des chances scolaires est la demande d'éducation, c'est-à-dire l'ambition scolaire. Les résultats de son étude placent ce facteur individuel devant celui de l'origine sociale, mis en avant par Pierre Bourdieu comme facteur de reproduction sociale.

Dans les débats qui agitent alors la sociologie française pendant plusieurs décennies, Boudon est le chef de file des « individualistes » qui s'affrontent aux « structuralistes » menés par Bourdieu, et défend la liberté et la rationalité des choix des individus contre le déterminisme social notamment marxiste.

Il enseigne pendant trente-cinq ans à l'université Paris-Sorbonne, et est professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, notamment Harvard, Genève ou Oxford. Parallèlement à ses activités d'enseignement, il fonde et dirige pendant près de trente ans le centre de recherche GEMASS.

Membre de nombreuses sociétés savantes internationales, il est élu à Académie des sciences morales et politiques en 1990.