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Coalescence (linguistique)
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La coalescence est une modification phonétique qui consiste en la fusion de deux sons en un seul[1],[2],[3]. Selon certains auteurs, par exemple Jean Dubois, il peut aussi être question de la fusion de plus de deux sons[4]. D'une part, il s'agit, du point de vue phonétique, d'un type d'assimilation[3],[2] ; d'autre part, d'un point de vue linguistique plus général, c'est un type de contraction phonétique[4].
Les coalescences peuvent être considérées de plusieurs points de vue :
- selon la catégorie de sons qu'elles affectent : consonnes ou voyelles ;
- selon la manière dont elles affectent les sons : amuïssement par assimilation totale d'un son ou assimilation réciproque ;
- selon les entités qu'elles affectent : l'intérieur d'un mot morphème, deux morphèmes en contact dans la composition d'un mot, ou deux mots en contact ;
- selon le caractère diachronique ou synchronique du phénomène : tenant de l'évolution des mots, respectivement produisant des variantes à un certain moment de l'histoire de la langue.
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Coalescences de consonnes
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Contexte
Parfois, c'est l'assimilation totale d'une consonne par la consonne voisine qui a lieu. Celle-ci se conserve et peut rester brève ou s'allonger.
Par exemple, dans le mot (fr) illisible [il(l)izibl̥], il y a une coalescence au contact entre le préfixe in- et l'adjectif lisible, produite dans le processus diachronique de la formation de l'adjectif illisible[5]. Exemples dans d'autres langues :
- (ro) în « en » + mult « beaucoup » → înmulți [ɨmmulˈtsi] « multiplier »[6] ;
- (sr) pod « sous » + tekst → podtekst [pottekst] « sous-texte », bez « sans » + stidan « timide » → bestidan « sans-gêne » (adjectif)[7].
Il se produit une coalescence occasionnelle, donc synchronique, dans la parole rapide, par exemple entre les mots (en) ten mice [ˈtemmaɪs] « dix souris »[8].
Un exemple de coalescence diachronique entre un morphème radical et un morphème suffixe est (hu) köz [køz] « communauté » + -ség [ʃeːg] → község [ˈkøʃʃeːg] « commune rurale »[9].
D'autres fois, il se forme un son différent des deux sons qui fusionnent, ayant des traits articulatoires des deux, c'est donc une assimilation réciproque :
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Coalescences de voyelles
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Deux voyelles contigües en syllabes voisines peuvent fusionner en une diphtongue. Selon certains auteurs, c'est une seule voyelle, complexe, qui se modifie, de façon qu'on entend une certaine qualité vocalique à son début et une autre à sa fin[10],[11],[12]. La diphtongue devient ainsi le noyau de la syllabe unique qui résulte de la fusion. Ce type de coalescence a sa propre dénomination, synérèse.
En français ou en italien, la synérèse a lieu à l'intérieur de certains mots :
- (fr) lion [ljɔ̃] (à Paris et dans l'ouest de la France) vs [liˈɔ̃] (avec diérèse, dans le nord, l'est et le Midi de la France, ainsi qu'en Belgique), variantes acceptées par le standard[13] ;
- (it) Laura [ˈlaw.ra] (en Toscane et en Italie du Nord) vs [ˈla.u.ra] (avec diérèse, dans le Mezzogiorno)[14].
En roumain aussi, il y a synérèse à l'intérieur de certains mots. Teatru « théâtre », par exemple, était prononcé [teˈa.tru] quand il est entré dans la langue, mais en roumain standard du 21e siècle, il est prononcé [ˈte̯a.tru][15]. Dans cette langue, il y a souvent synérèse au contact entre mots aussi. Elle est obligatoire entre certains pronoms personnels et réfléchis atones monosyllabiques terminés en [e] ou en [i] et les formes du verbe auxiliaire avea « avoir », ex. te-am întrebat « je t’ai demandé », ți-am spus « je t’ai dit »[16]. Il y a également synérèse facultative, entre clitiques terminés en [e] et mots à sens lexical commençant par une voyelle, ainsi qu’entre mots à sens lexical terminés en [e] et clitiques commençant par une voyelle : de atunci [de.aˈtunt͡ʃʲ] → de-atunci [de̯aˈtunt͡ʃʲ] « depuis lors », îmi pare o poveste [ɨmʲˈpa.re.o.poˈveste] → îmi pare-o poveste [ɨmʲˈpa.re̯o.poˈveste] « ça me paraît un conte »[6].
Dans certaines langues; il s'est produit des coalescences du type assimilation réciproque dans le processus historique de réduction des diphtongues et des triphtongues à une seule voyelle :
- (la) aqua > ancien français eaue [e̯awə] > (fr) moderne eau [o][17] ;
- ancien français lait [lajt], reine [rejn] > (fr) moderne [lɛ], respectivement [ʀɛːn][4];
- (la) aurum > (fr) or[4], (it) oro[6] ;
- (got) maiza > vieil anglais māra > (en) moderne more « plus »[18].
Dans une langue dont l'orthographe est dominée par le principe historique et étymologique, comme celle du français, l'écriture conserve souvent les diphtongues et les triphtongues réduites.
En roumain, il y a des cas de réduction de deux voyelles en diérèse à une seule en tant que variantes dans des variétés régionales, par rapport à la variété standard. Le processus passe par une phase où les deux voyelles forment une diphtongue, ex. căuta [kə.uˈta] « chercher » > [kəwˈta] > régional căta [kəˈta][19].
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Références
Annexes
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