Napoléon III

président de la République et Empereur des Français / De Wikipedia, l'encyclopédie libre

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Charles Louis Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte, né le à Paris et mort le à Chislehurst (Royaume-Uni), est un monarque et un homme d'État français. Il est à la fois l'unique président de la Deuxième République, le premier chef d'État français élu au suffrage universel masculin, le , le premier président de la République française, et, après la proclamation de l'Empire le , le dernier monarque du pays sous le nom de Napoléon III, empereur des Français.

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Napoléon III
Illustration.
Portrait de Napoléon III en uniforme de général de division dans son grand cabinet des Tuileries (huile sur toile d'Hippolyte Flandrin, 1861).
Titre
Empereur des Français
[alpha 1]
(17 ans, 9 mois et 2 jours)
Chef de cabinet Émile Ollivier
Charles Cousin-Montauban
Gouvernement IIIe et IVe
Prédécesseur Lui-même (président de la République)
Louis-Philippe Ier (indirectement, roi des Français)
Successeur Louis Jules Trochu (président du gouvernement de la Défense nationale)
Président de la République française

(3 ans, 11 mois et 12 jours)
Élection 10-11 décembre 1848
Vice-président Henri Boulay de La Meurthe
Président du Conseil Odilon Barrot
Alphonse Henri d'Hautpoul
Léon Faucher
Gouvernement Dernier ministère
Louis-Napoléon Bonaparte I et II
Prédécesseur Eugène Cavaignac (président du Conseil, chef de l’État, de facto)
Successeur Lui-même
(empereur des Français)
Adolphe Thiers
(IIIe République)
Biographie
Dynastie Maison Bonaparte
Nom de naissance Charles Louis Napoléon Bonaparte
Date de naissance
Lieu de naissance Hôtel de la reine Hortense, Paris (Empire français)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Camden Place, Chislehurst (Royaume-Uni)
Sépulture Abbaye Saint-Michel de Farnborough
Nationalité Française
Suisse (à partir de 1832)
Père Louis Bonaparte
Mère Hortense de Beauharnais
Grand-père paternel Charles Bonaparte
Grand-mère paternelle Letizia Bonaparte
Grand-père maternel Alexandre de Beauharnais
Grand-mère maternelle Joséphine de Beauharnais
Fratrie Napoléon-Charles Bonaparte
Napoléon-Louis Bonaparte
Conjoint
Eugénie de Montijo (m. 18531873)
Enfants Louis-Napoléon Bonaparte
Famille Napoléon Ier (oncle)
Joseph Bonaparte (oncle)
Lucien Bonaparte (oncle)
Élisa Bonaparte (tante)
Pauline Bonaparte (tante)
Caroline Bonaparte (tante)
Jérôme Bonaparte (oncle)
Napoléon II (cousin)
Diplômé de École militaire centrale fédérale de Thoune
Religion Catholicisme
Résidence Château d'Arenenberg (1817)
Palais de l'Élysée (1848)
Palais des Tuileries (1852)
Chislehurst (1871)
Château de Compiègne

Signature de Napoléon III

Napoléon III Napoléon III
Présidents de la République française
Monarques de France
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Troisième fils de Louis Napoléon Bonaparte  dit Louis Bonaparte, roi de Hollande  et d'Hortense de Beauharnais, il naît prince français et prince de Hollande : neveu de l'Empereur Napoléon Ier, il est à la fois neveu et petit-fils de l'Impératrice Joséphine de Beauharnais (sa grand-mère maternelle). Exilé après la chute de l'Empire, conspirateur avec son frère aîné pour l'unité italienne, il devient héritier présomptif du trône impérial après les morts successives de son frère aîné Napoléon-Louis en 1831, et de son cousin le duc de Reichstadt (Napoléon II, roi de Rome) en 1832.

Ses premières tentatives de coup d'État, mal préparées (Strasbourg en 1836, Boulogne-sur-Mer en 1840), échouent. Condamné à l'emprisonnement au fort de Ham, dont il s'évade en 1846[1], il est élu représentant du peuple après la révolution française de 1848 puis président de la République. Son coup d'État du 2 décembre 1851 lui permet un an plus tard de restaurer l'Empire en devenant Empereur des Français, mettant ainsi fin à la Deuxième République. Face à l'opposition des républicains, des libéraux tels qu'Adolphe Thiers, de certains monarchistes et des catholiques (après l'unité italienne), il donne à son pouvoir la forme d'un « Empire autoritaire » qui s'atténue après 1859 pour laisser place, progressivement, à un « Empire libéral ».

La philosophie politique qu'il met en place, et qu'il présente dans ses Idées napoléoniennes et dans De l'extinction du paupérisme (1844), est une synthèse d'un bonapartisme mêlé à du romantisme, du libéralisme autoritaire, et du socialisme utopique. Le règne de cet admirateur de la modernité britannique est marqué par un développement industriel, économique et financier sensible, porté par une forte croissance mondiale qu'illustre la transformation de Paris sous l'autorité du préfet Georges Eugène Haussmann.

Sa politique extérieure vise à restaurer la puissance française en Europe et dans le monde. Il rompt l'isolement diplomatique de la France, voulu au congrès de Vienne par trois puissances de la Sainte-Alliance, par son entente avec la Grande-Bretagne lors de la guerre de Crimée, son soutien aux mouvements nationaux (en particulier lors de l'unité italienne contre l'empire d'Autriche), et par ses diverses opérations outre-mer, parfois en coalition avec la Grande-Bretagne, qui permettent l'agrandissement du territoire (Nice, Savoie) et l'expansion coloniale et commerciale. Cette politique provoque cependant l'hostilité du royaume de Prusse et subit un échec au Mexique.

Les tensions avec la Prusse aboutissent au piège de la dépêche d'Ems et à la guerre franco-allemande de 1870, qui scelle la fin du Second Empire. Le , Napoléon III est capturé lors de la bataille de Sedan. Le , la Troisième République est proclamée. Napoléon III part en exil en Angleterre, où il meurt en .

La vive hostilité de Victor Hugo à l'égard de Napoléon III, exprimée dans ses œuvres et sa correspondance[alpha 2], les multiples pamphlets et ouvrages critiques de divers auteurs (Henri Rochefort, Maurice Joly, etc.) et les articles d'une partie de la presse politique contemporaine[alpha 3] contribuent à ce que de nombreux historiens qualifient de « légende noire » autour de Napoléon III et du Second Empire[alpha 4].

L'œuvre économique et sociale du Second Empire est mise en valeur par l'historiographie officielle à partir du début du XXe siècle, mais la révision du jugement historique porté sur Napoléon III est plus lente. Après la Seconde Guerre mondiale, des travaux d’historiens  notamment ceux effectués par Adrien Dansette et Louis Girard  vont dans le sens d'une réhabilitation de Napoléon III et marquent une nette rupture historiographique dans la perception de celui qui est le dernier monarque français et le premier président de la République française[alpha 5].

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