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Guerre franco-allemande de 1870

conflit entre le Second Empire français et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse / De Wikipedia, l'encyclopédie libre

La guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du au , la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.

Guerre franco-allemande de 1870
Ernest Meissonier, Le Siège de Paris,
huile sur toile, 1870-1884, Paris, musée d'Orsay.
« Mémorial des morts » et « symphonie héroïque de la France », le tableau représente allégoriquement la ville de Paris comme une femme entourée de cadavres et de blessés surplombés par l'aigle prussien juché sur le bras du spectre de la famine[1].
Informations générales
Date -
(6 mois et 10 jours)
Lieu France et Prusse
Casus belli Dépêche d'Ems
Issue

Victoire allemande décisive

Changements territoriaux La Confédération de l'Allemagne du Nord absorbe la Bavière, le Bade, le Wurtemberg et annexe l'Alsace-Lorraine.
Belligérants
 Empire français (1870)
République française (1870-1871)
Confédération de l'Allemagne du Nord
Royaume de Bavière
Grand-duché de Bade
Royaume de Wurtemberg
Grand-duché de Hesse
Commandants
Forces en présence
230 000 fantassins[2]
25 000 cavaliers[2]
1 600 000 hommes mobilisés
462 000 fantassins[3]
56 000 cavaliers[3]
1 400 000 hommes mobilisés
Pertes
139 000 morts[4] 474 414 prisonniers[Note 1]51 000 morts[4]

Batailles

Cette guerre est issue des différentes questions nationales qui poussent les nombreux États allemands à s'unir. La Prusse souhaite réaliser cette union autour d'elle, aux dépens de l'Autriche (qu'elle bat durant la guerre austro-prussienne de 1866) dans un premier temps, et de la France dans un second temps. Cette guerre est considérée par le chancelier Otto von Bismarck comme une conséquence de la défaite prussienne lors de la bataille d'Iéna de 1806 contre l'Empire français. Il dira d'ailleurs, après la proclamation de l'Empire allemand à Versailles en 1871 : « Sans Iéna, pas de Sedan ». Par ailleurs, Bismarck déforme dans l'opinion un démêlé diplomatique mineur, réglé à l'amiable (la candidature d'un prince allemand au trône d'Espagne, retirée à la demande de la France), en un camouflet insupportable pour les dirigeants français de l'Empire, soutenus par leur opinion publique. Des maladresses politiques de l'empereur Napoléon III vis-à-vis d'autres pays européens isolent la France, mais le régime pousse à la confrontation avec la Prusse, autant pour défaire un rival dangereux que pour agrandir le territoire national.

Le , l’Empire français déclare la guerre au royaume de Prusse. Les troupes françaises sont néanmoins mal préparées, moins nombreuses (300 000 contre 500 000, bien plus qu'auguré dans les états-majors car la Prusse réussit à s'allier avec le Bade, le Wurtemberg et la Bavière[5]) et manquent d'une stratégie militaire concertée ; les troupes allemandes ont une expérience récente – et victorieuse – du feu (avec les conflits contre le Danemark en 1864 et l'Autriche deux ans plus tard), une artillerie lourde et une excellente formation. Marqué par les innovations techniques concernant le feu, qui permet un tir plus rapide, et le déclin important de la place de la cavalerie, le conflit tourne rapidement à l'avantage des Allemands. Les Français sont défaits à plusieurs reprises début août sur le front de l'Est. L'armée de Chalons vient renforcer le dernier verrou avant Paris : la place de Metz ; Napoléon III, qui dirige l'armée jusqu'au , jour où il est défait sévèrement, cède le commandement au général Mac Mahon. Il laisse la régence à son épouse Eugénie de Montijo. Encerclé à Sedan, l'empereur capitule le .

Cette capitulation entraîne la chute du régime et la proclamation de la République ; le gouvernement provisoire continue la guerre, mais la masse des volontaires rassemblés par ses représentants manque de matériel et d'encadrement. Le gouvernement est assiégé à Paris ; en l'absence de victoires décisives dans le Nord, l'Est, la Bourgogne ou sur la Loire, un armistice est signé le , suivi de la signature de conventions militaires le suivant. Cet armistice et ces conventions militaires ne concernent toutefois pas les opérations militaires dans l'Est de la France car les négociations sur le futur tracé de la frontière franco-allemande n'ont pas encore abouti. L'armistice général intervient le . L'ordre est alors donné à la place fortifiée de Belfort de se rendre, ce qu'elle fait le , l'ennemi lui rendant les honneurs de la guerre. Le traité de paix, signé le à Francfort-sur-le-Main, consacre définitivement la victoire allemande.

Avant même la signature de l'armistice, les États allemands s'unissent en un Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le . La victoire entraîne l'annexion par le Reich de l'Alsace (excepté le Territoire de Belfort) et d'une partie de la Lorraine (Moselle actuelle), que la France ne récupérera qu'en 1918 à la suite de la Première Guerre mondiale. Le nouvel empire affirme sa puissance en Europe au détriment de l'Autriche-Hongrie et de la France. Cette dernière doit également supporter l'occupation d'un bon tiers de son territoire jusqu'en 1873 et le paiement d'une indemnité de 5 milliards de francs-or. Du au , la Commune de Paris, ainsi que celles d'autres grandes villes, se soulèvent contre le gouvernement (à majorité monarchiste) ; celui-ci écrase les communards parisiens durant la Semaine sanglante et réprime les autres insurrections jusqu'au .

La défaite et la perte de l'Alsace-Lorraine provoquent en France un sentiment de frustration durable et extrême qui contribue à la montée d'un nationalisme revanchard, mais également à une remise en question de l'enseignement des élites françaises. La constitution d'un vaste empire colonial va permettre en partie de retrouver sa puissance mise à mal. Les conséquences des combats modifient également fortement le droit humanitaire international et marquent les esprits des artistes, qui font dans leurs œuvres l'éloge des vaincus.