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Blason de Paris
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Le blason de Paris est un blason faisant appel à la symbolique antique de la navigation sur la Seine pour représenter Paris, la capitale de la France.
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Description
Son blasonnement est[2] :
« De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or »
Le navire représenté figurait déjà en [3] sur le sceau de la puissante corporation des Marchands de l'eau, et remonterait[évasif] jusqu'aux nautes de Lutèce, corporation très importante dans la ville durant l'Antiquité gallo-romaine.
La devise de la ville, « Fluctuat nec mergitur » (« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas[3] »), est également une référence à ce bateau.
Dans ses ornements extérieurs, il comporte également les décorations que la ville a été autorisée à faire figurer dans ses armoiries[1] : la Légion d'honneur (décrets des et ), la croix de guerre - (citation du et décret du ) et la croix de la Libération (décrets des et ). Il est surmonté d'une couronne murale d'or à cinq tours, et encadré à dextre d'une branche de chêne et à senestre d'une de laurier. La devise est classiquement inscrite sur un listel en dessous.
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Histoire
Résumé
Contexte
De Lutèce au Paris royal
Une nef, ou un vaisseau, qui ressemble fortement à la représentation d'une cogue, bien que fluvial, fut jusqu'à la Révolution de [3] le symbole de la corporation des « marchands de l'eau », qui donna ensuite naissance à la municipalité de Paris. On a même pu faire remonter ce symbole aux nautes de Lutèce dès l'époque gallo-romaine, même si sa forme n'a pas toujours été la même.
Sainte Geneviève, patronne de Paris, compte la nef parmi ses attributs. En effet, au milieu du Ve siècle, elle avait organisé avec la corporation des Nautes des convois sur la Seine pour ravitailler Paris depuis Troyes et Meaux[4].
Une première mention d'armoiries de Paris apparaît dès lorsque Philippe Auguste, au moment de son départ pour la Terre sainte, donne pour premières armoiries à la ville de Paris[5] :
« un écu dont le champ était de gueules, à la nef d'argent, au chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or »
Le rouge était la couleur de l'oriflamme de Saint Denis, un étendard des rois de France en temps de guerre et qui symbolise le sang du martyr, alors que le bleu adopté par Philippe Auguste est une couleur rare et chère portée par la Vierge Marie[6],[7].
C'est saint Louis qui reconnut pour la première fois officiellement le sceau de Paris. Ce sceau permettait de sceller les actes pris par le prévôt des marchands, désigné par ses pairs pour diriger la cité[8].
Selon d'autres sources, c'est le dauphin du roi de France, Charles V, qui ajouta au blason son chef semé de fleurs de lys, emblème du pouvoir royal, pour indiquer la suprématie de la royauté sur la capitale, après le siège de Paris de qui l'opposa au prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel[9].
Sur les sceaux du XIVe siècle, on trouve la légende « Sigillum mercatorum aquæ Parisius » (Sceau des marchands de l'eau de Paris), toujours en vigueur jusqu'aux premières années du XVe siècle.
La transformation du sceau en véritable blason représentant un vaisseau surmonté d'un chef de fleurs de lys sans nombre est notamment attestée par les lettres patentes délivrées par Louis XVIII le , qui citent elles-mêmes une ordonnance du [10], avec pour description[11] :
« De gueules un vaisseau équipé d'argent, soutenu d'une mer de même, un chief d'azur semé de fleurs de lys d'or sans nombre. Lesdites armoiries, surmontées d'une couronne murale de quatre tours, et accompagnées de deux tiges de lys formant supports »
Paris, capitale républicaine, impériale ou royale
Entre-temps, lorsque la Révolution a aboli la noblesse par le décret du , elle a simultanément supprimé tous les emblèmes correspondants. La municipalité de Paris a rapidement obtempéré en décidant la suppression de ses propres armoiries dès novembre de la même année.
Il a fallu attendre le Premier Empire pour que les villes soient à nouveau officiellement autorisées à se doter d'armoiries. Pour Paris, cela s'est concrétisé par les « lettres patentes » accordées à la ville de Paris par Napoléon Ier le , dans lesquelles le chef du blason comporte trois abeilles d'or sur fond de gueules en lieu et place des fleurs de lys. On y voit de plus apparaître une étoile d'argent au-dessus de la nef, et la déesse Isis en proue de la nef.
La Restauration, par les lettres patentes de Louis XVIII de , a ensuite rétabli les armoiries de Paris dans leur forme traditionnelle.
De à , de la Deuxième République au début du Second Empire, le chef d'azur semé de fleurs de lis a été remplacé par un semé d'étoiles. C'est Napoléon III qui a permis le retour du chef fleurdelisé de France.
Paris, ville décorée
Par décret du 9 octobre 1900[12], la ville de Paris est autorisée à faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d'honneur, en conséquence de quoi ses armoiries sont, par décret du 27 mars 1901 signé par le président Émile Loubet, réglées comme suit[13] :
« De gueules, au navire équipé d'argent, voguant sur des ondes de même au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or ; l'écu timbré d'une couronne murale de quatre tours d'or, surmonté de la devise « Fluctuat nec mergitur » et accolé d'une branches de chêne et d'une de laurier liées d'un ruban de gueules soutenant l'étoile de la Légion d'honneur. »
Après la citation à l’ordre de l’armée du par Georges Clemenceau[14], valant attribution à Paris de la croix de guerre -, un décret du donne la nouvelle description officielle des armoiries de Paris[15] :
« De gueules à la barque antique (équipée) d'argent, voguant sur une onde du même, au chef d'azur semé de fleur de lys d'or ; l'écu surmonté d'une couronne murale sommée de quatre tours d'or, soutenue de la devise Fluctuat nec mergitur et accosté de deux branches de sinople (chêne et laurier) croisées en pointe et liées de gueules, par un ruban du même auquel sont appendues, à dextre, l'étoile de la Légion d'honneur, à senestre, la Croix de guerre, toutes deux au naturel. »
Une représentation conforme à ce décret est dessinée en 1924[2] par Antoine Constant Dilly (1882-1966), ancien élève de l'École Boulle à Paris, dessinateur, décorateur électricien, secrétaire général adjoint du Comité régional des Arts Appliqués de Paris[16].
À la suite de la publication officielle des nouvelles armes de la ville de Paris réalisées par Antoine Constant Dilly, Montaudran, journaliste au Figaro, écrit le 6 mai 1924[17],[18] :
« Le nouveau dessin des vieilles armes de Paris, codifiées officiellement d'après les règles du blason pur que la Convention Héraldique de Genève a appelées au congrès d'il y a vingt ans "les lois de Gheusi", viennent d'être dessinées définitivement. (...) Il rectifie des erreurs accumulées par des siècles d'ignorance décorative, rétablit l'écu de la Ville dans sa rigoureuse fidélité (...).
Un héraldiste scrupuleux – ils sont deux en tout – trouverait encore à redire en épluchant le dessin gravé par l'Hôtel de Ville. C'est ainsi que l'écu d'armes est un peu écrasé. Il doit s'inscrire, en blason strict, dans un rectangle de 8 de haut sur 7 de large. Le champ brochant ne devrait occuper que le quart de la hauteur – et non le tiers, ce qui tendrait à le confondre avec un tiercé. Mais il faut louer sans réserve le semis de fleurs de lys d'or qui date avant Charles V l'affranchissement royal de la Ville, la barque antique d'argent, copiée sur les sceaux des « nautes » parisiens et surtout l’onde ou rivière du même (émail) qu'une aberration quatre fois séculaire étendait jusqu'à la pointe de l'écu, transformant ainsi Paris en port de mer. (...)
Pourtant, toute armoirie de ville devrait être accostée de deux palmes de sinople et non pas d'une branche de chêne et d'une de laurier, attributs réservés à l'Université. Quant à la couronne murale (...), c'est une simple horreur et une hérésie (...). Cet attribut écrasant fut, jadis, celui dont on timbrait les armes des guerriers arrivés les premiers, après escalade, sur les remparts d'une ville forte, emportée d'assaut. (...)
Pour les initiés précisons que la devise est correcte et bien placée et que le ruban qui entortille les branches et attache les deux insignes appendus en pointe doit être de la couleur du champ, c'est-à-dire rouge (gueules). (...) »
Une version des armoiries de Paris dessinée et gravée par Jules Piel (1882-1978), également conforme au blasonnement de 1924 avec ses deux décorations, est utilisée pour un timbre-poste brun-rouge en vente du au [19],[20],[21],[22]. Ce timbre est réédité en série limitée par La Poste en 2024 en couleur bleue, vendu inséré dans une affiche jaune des mêmes armoiries[23],[24].
En 1942, un dessin des armoiries de Paris fut réalisé par le dessinateur héraldiste Robert Louis (1902-1965) dans le cadre des travaux de la Commission d'héraldique urbaine de la Seine instituée par arrêté du 18 février 1942, dont il est membre[2],[25]. L'arrêté préfectoral du « déterminant les armoiries des communes du département de la Seine » approuve ces travaux mais donne en son article 1 le blasonnement de toutes les communes de la Seine sauf de celle de Paris[25],[2]. L'article 2 précise que : « Les dessins des armoiries, tels qu'ils sont annexés à l'exemplaire original du présent arrêté, font autorité. Toute représentation qui en sera faite devra être rigoureusement conforme à ces dessins ».
Dernière modification des armes de Paris, le décret du , signé par le président de la République, Vincent Auriol[26]. Ce décret incorpore, aux armoiries de la ville, la croix de la Libération, décernée par le général de Gaulle, le [27]. Les nouvelles armoiries sont ainsi réglées :
« De gueules, à la barque antique équipée d'argent, voguant sur une onde du même ; et au chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or, l'écu surmonté d'une couronne murale sommée de quatre tours d'or, [s]outenue de la devise : Fluctuat nec mergitur et accosté de deux branches de sinople (chêne et laurier) croisées en pointe et liées de gueules par un ruban du même auquel sont appendues, en pointe, l'étoile de la Légion d'honneur, à dextre, la Croix de la Libération, à senestre, la Croix de guerre, toutes trois au naturel. »
La blasonnement des armes de est donc reconduit, seule la croix de la Libération est rajoutée.
Antoine Constant Dilly et Robert Louis réalisent une mise à jour de leur dessin respectif des armoiries de la ville de Paris afin d'intégrer la croix de la Libération[28],[2]. Robert Louis estime que sur le blason dessiné par Dilly : « Les fleurs de lis sont transformées en piques de grilles. La nef semble sombrer. La figuration des ondes est interrompue sans raison, vers la pointe. »[2]. Il précise que les armes de son dessin sont « établies selon les usages de l'art et de la science héraldiques » et qu'elles s'énoncent comme suit :
« Blason : De gueules à la nef équipée d'argent voguant sur des ondes du même, mouvant de la pointe ; au chef d'azur, semé de fleurs de lis d'or.
Ornements extérieurs : l'écu timbré d'une couronne murale d'or à cinq tours crénelées et soutenu par deux branches : de chêne (à dextre) et de laurier (à senestre) au naturel, croisées en pointe en sautoir, retenant un listel de parchemin chargé de la devise en lettre romaines de sable "Fluctuat nec mergitur" . Les décorations au naturel, sont appendues à la pointe de l'écu. – au centre : la Légion d'honneur (décret du 9 octobre 1900) – à dextre : la Croix de la Libération (décret du 24 mars 1945) – à senestre : la Croix de Guerre 1914-18 (décret du 28 juillet 1919). »
Ce blasonnement est publié dans le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris en décembre 1967 dans le cadre d'une question de M. Taittinger, conseiller de Paris[29].
Le décret de 1949 est cependant le dernier texte officiel définissant les armoiries de la ville de Paris[30].
Le dessin de Robert Louis est utilisé en particulier en pour le timbre postal 0,30 franc Blason de Paris et, dans sa version grandes armoiries, par la Mairie de Paris en pour la carte de paiement du stationnement Paris carte[31].
Galerie au fil du temps
- Sceau des marchands de l'eau de Paris en (SIGIL[LVM ME]RCATORVM AQVE PARISIVS), moulage du XIXe siècle[32].
- Sceau de (contre-sceau) appendu à une vente faite devant le prévôt des marchands. « Un vaisseau avec ses deux châteaux, son mât, sa voile et ses agrès, voguant à gauche. La voile est au chef de trois fleurs de lys et est accostée dans le champ de deux autres »[33].
- Enluminure du blason de Paris ().
- Armes de la ville de Paris en .
- Enluminure du blason de Paris (XVIe siècle).
- Blason de Paris sous le Premier Empire (-).
- Représentation du blason de Paris en 1844.
- Blason de Paris sous la IIe République.
- Armoiries de la ville de Paris selon décret du .
- Dessin de l'écu du blason de Paris, de 1942 (éléments présents dès ).
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Utilisation actuelle
On le trouve, en diverses versions de son dessin, sur de nombreux équipements publics parisiens, parmi lesquels l'hôtel de ville, les mairies d'arrondissement, les gares parisiennes, les ponts, les écoles et collèges parisiens, les petites « fontaines à boire de la Ville de Paris » dites fontaines Wallace, les colonnes Morris, les bancs Davioud et autres mobiliers urbains parisiens. Il est aussi repris de manière stylisée dans le logo de la Mairie de Paris.
Dans sa version la plus complète, selon le dessin de 1942 de Robert Louis, il a un temps illustré la carte parisienne de paiement du stationnement appelée Paris carte[31] et a également été représenté sur un timbre postal émis en , le 0,30 franc Blason de Paris.
Aujourd'hui[Quand ?], la préfecture de police de Paris utilise un blason largement inspiré de celui de la ville de Paris. La garde républicaine arbore également sur le bandeau frontal de son casque de cavalerie ce blason.
Selon les représentations, le navire comporte un seul, deux ou trois mâts, et il est représenté avec ou sans rames. La couronne murale qui le surmonte ne comporte souvent que trois ou quatre tours.
Inspiration
- Albert Uderzo s'en est inspiré en pour dessiner le blason du Tartre-Gaudran, une petite commune aux confins de l'Île-de-France.
- Le blason a également été utilisé pour le logo des Jeux olympiques d'été de qui se sont déroulés à Paris.
Propositions de modifications
En raison des services rendus par les pigeons voyageurs durant le siège de Paris en , l'homme politique Edgar Quinet aurait[évasif] suggéré qu'un pigeon soit symbolisé dans les armoiries de Paris en haut du mât de la nef[34],[3].
Couleurs de Paris
Les couleurs traditionnelles de la ville de Paris sont, de longue date, le rouge et le bleu. Leur apparition officielle remonte à l'année , quand Étienne Marcel, prévôt des marchands, alors en conflit avec le dauphin, futur Charles V, fit revêtir à ses partisans des chaperons mi-rouges, mi-bleus[35]. On peut par exemple les voir sur la tenue domicile des joueurs du Paris Saint-Germain.
Galerie de photos
- Façade pavoisée de l'hôtel de ville de Paris
- Blason de Paris sculpté sur l'école de la rue de la Providence, Paris 13e.
- Autre blason, avec rames, sur l'école de la rue Damesme, Paris 13e.
- Blason de l'époque Louis-Philippe, avec étoiles au lieu des traditionnelles fleurs de lys.
- Blason assez différent sculpté en fronton de la piscine de la Butte-aux-Cailles, Paris 13e.
- Blason situé au-dessus de la grille d'entrée de l'école Estienne, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e.
- Blason ornant le viaduc d'Austerlitz, ligne 5 du métro, sur la Seine.
- Blason de la gare d'Austerlitz, sur la verrière d'entrée nord de la ligne 5 du métro.
- Blason de Paris gravé sur un banc public.
- Blason de Paris ornant la plaque de nom du square Marie-Curie, Paris 13e.
- Logo moderne de Paris sur un boitier mural d'éclairage public.
- Blason sur une colonne Morris moderne.
- Blason, 12, rue de la Banque, Paris 2e.
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Arrondissements de Paris
Résumé
Contexte
Entre et , une « Commission héraldique de la Seine » siégea à l'Hôtel de ville. Dialoguant avec les maires d'arrondissement, l'héraldiste Robert Louis dessina vingt blasons inspirés de l'histoire, de la géographie et du patrimoine des arrondissements parisiens. Comme le note le journaliste Simon Arbellot, un temps proche du gouvernement de Philippe Pétain, le régime de Vichy vit d'un bon œil cette démarche de traditionalisme iconographique. Le Guide des touristes gastronomes de est la première publication à révéler ces armoiries officieuses au grand public[36].
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Références
Voir aussi
Wikiwand - on
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