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Les Celtes ont constitué lors de la protohistoire européenne un groupe de populations[1] indo-européennes parlant des langues celtiques et présentant une certaine unité culturelle[2], bien que les interactions culturelles de l'Europe celtique ancienne demeurent incertaines et controversées[3]. Par ailleurs, la connaissance du processus de diffusion territoriale des anciennes populations celtiques reste à améliorer, en particulier quant à celles des Îles Britanniques et de la péninsule Ibérique[4],[5].

La culture celte :
  • Noyau territorial Hallstatt, au VIe siècle av. J.-C.
  • Expansion celtique maximale, en 275 av. J.-C.
  • Domaine lusitanien de l'Ibérie où la présence celtique est incertaine
  • Zones où les langues celtiques restent largement parlées aujourd'hui

Le proto-celtique serait apparu en Europe centrale avec la culture des champs d'urnes de l'Âge du bronze récent, à partir de [6]. En outre, selon un consensus se dégageant depuis le XIXe siècle, les premiers peuples à adopter des caractéristiques culturelles considérées comme pleinement celtiques furent ceux de la culture de Hallstatt, en Europe centrale (1200 - ) : Autriche, Suisse, grande moitié sud de l'Allemagne, Bohême, Moravie, ouest de la Hongrie, ouest de la Slovaquie, Galicie, Italie du Nord et grand est français[7]. Au cours de la période de La Tène ( jusqu'à la conquête romaine), le territoire de l'Europe celtique s'est étendu par migration vers les régions suivantes : îles Britanniques (Celtes insulaires), moitié ouest de la France (Gaulois transalpins), Grand Sud-Est français (Celto-Ligures), Benelux (Belges), sud de la Plaine du Pô (Gaulois cisalpins), péninsule Ibérique (Celtibères)[8], péninsule cimbrienne et Frise, Pannonie (Scordiques), centre de l'Anatolie (Galates de la Grande Expédition)[9]

Les premiers exemples directs incontestés d'une langue celtique sont les inscriptions lépontiques qui commencent au VIe ou VIIe siècle av. J.-C.[10],[11]. Les langues celtiques continentales sont attestées par des inscriptions (sur divers supports : pierre, plomb, poterie, monnaie) et des noms propres (noms de lieux, théonymes, anthroponymes, ethnonymes) et des noms communs entrés dans diverses langues, notamment dans le français[10]. Les langues celtiques insulaires, hormis les plombs de Bath du Ier siècle[10], ne sont attestées qu'à partir du IVe siècle dans les inscriptions Ogham, bien qu'elles soient clairement parlées beaucoup plus tôt. La tradition littéraire celtique commence avec les vieux textes irlandais autour du VIIIe siècle. Des textes cohérents de la littérature irlandaise précoce, tels que Táin Bó Cúailnge Rafle des Vaches de Cooley »), survivent dans les recensions du XIIe siècle.

Au milieu du Ier millénaire, après l'expansion de l'Empire romain et les invasions des peuples germaniques, la culture celtique et les langues celtiques insulaires sont réduites à l'Irlande, à l'ouest et au nord de la Grande-Bretagne (Pays de Galles, Écosse et Cornouailles), l'île de Man et la Bretagne. Entre les Ve et VIIIe siècles, les populations de langue celtique de ces régions atlantiques formaient une entité culturelle car elles avaient un héritage linguistique, religieux et artistique commun les distinguant de la culture des entités politiques environnantes[12]. Au VIe siècle, cependant, les langues celtiques continentales s'étaient éteintes, le breton ayant été (ré)introduit par des migrations à partir des îles britanniques dès le IVe siècle.

La culture celtique insulaire des périodes médiévales et modernes s'est diversifiée en celle des Gaels (Irlandais, Ecossais et Mannois), et des Celtes brittoniques (Gallois, Corniques et Bretons). Une « identité celtique » moderne a été construite dans le cadre de la renaissance celtique romantique, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Bretagne et dans d'autres territoires européens, tels que le Portugal et la Galice espagnole[13] pourtant sans langue celtique parlée, ni même attestée. Aujourd'hui l'irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton sont encore parlés dans certaines parties de leurs territoires historiques, le cornique et le mannois connaissant une renaissance.

Épée celte, vers 60 av. J.-C. (Metropolitan Museum of Art, New York).
Chaudron de Gundestrup.